Le calme a regagné la surface de l’étang et les poissons ne sautent plus beaucoup. Une légère brise ondule un peu la surface, et je suis un peu juste en sweat ; J’enfile ma polaire mais le temps varie un peu sur cette première heure ou rien ne se passera hormis un ou deux passages dans le fil et un poisson décroché à 11m après un premier mètre de rush meurtrier.


Le poisson est parti lentement sur ma gauche, presque qu’à peine gêné par la piqûre de l’hameçon, mais sitôt une pression plus importante de ma part sur le nylon, il m’a livré un combat comme j’en ai bien souvent ici : rude, âpre, difficile, où il faut gagner lentement mètre par mètre pour approcher la carpe de l’épuisette, autour de laquelle elle se débat avec ferveur et ténacité et finalement vend durement sa peau au bout de 15 minutes très rudes.
Après un passage par la pesée où elle accorde 5 kilos de muscles, la jolie carpe miroir regagne son élément, oxygénée à souhait et ondulant sa queue vers les profondeurs du large qu’elle va retrouver.
Les deux heures vingt suivantes vont être bien longues pour moi, le poisson est sur le coup mais picore et provoque des fausses touches que mes amis anglais appellent « lining ». Des touches inferrables, deux ou trois décrochages, rien de bien attrayant. La température remonte enfin, on approche les 15° et le soleil pointe enfin son nez.
12h50, une touche lente, le flotteur qui coule deux ou trois fois avant de disparaître définitivement. Ferrage autoritaire, prise de contact « sportive ».
12 minutes plus tard, 7500 grammes, une commune magnifique, prise une fois de plus au pinkies, mon sauve bredouille de la journée.