Me voilà donc près,
level déplié, rouleau sur le quai en béton, installé comme un coq en pâte. Ce
n’est pas ce que je préfère comme berge quand je pêche à la grande canne, mais
au quiver, cela ne me dérange pas.
Je sonde rapidement
avec le feeder, mais le fond est relativement plat au milieu du bassin. Je
choisis de pêcher là où j’ai eu l’habitude de voir les bateaux passer, sur un
« chenal imaginaire ». La profondeur est un peu supérieure à
Pour l’amorçage,
j’ai le choix entre charger le coup au feeder d’amorçage pour tenter d’être
précis ou fronder des mandarines d’amorce, histoire de mettre le coup en activité
un peu plus rapidement. Je pense que le bruit en surface d’une boule d’amorce
qui tombe est ici plus bénéfique que néfaste. En période de fraie, les plaques
sont souvent nombreuses à venir se rouler dans l’amorce et occasionner des
fausses touches. Aussi, pour ne pas trop serrer le coup, je fronde quelques
boulettes et commence à pêcher avec le feeder médium de
Grâce à cet
amorçage, je décèle très rapidement de l’activité, en voyant mon scion fibre de
verre de 1oz trembler légèrement au passage des poissons dans le fil .Pour
ceux qui ont encore du mal à cerner les « liners » des touches bien
réelles, la différence est assez facile à déterminer. Quand un passage dans le
fil se fait, le scion se tend de façon assez régulière et progressive, pour se
détendre à nouveau. La touche quant à elle, surtout de brèmes, est assez
facilement décelée. Le scion se tend mais subit des à-coups, ou reste tendu en
faisant de petits tressautements. Avant de ferrer dans le vide, il vaut mieux
le laisser trembler une à deux fois, généralement c’est très rapide et prendre
simplement contact avec le poisson en reculant la canne avec souplesse mais sur
une ampleur correcte, que de casser le « dentier du poisson en ferrant
comme un bourrin ».
Deux pinkies sur
l’hameçon, je lance avec souplesse vers mon coup, visant en face de moi l’un
des chapiteaux qui me servira de point de repère. Le feeder une fois accompagné
au fond, je pose ma canne sur le rouleau à déboîter qui sera mon support du
jour. Je retends légèrement la bannière, canne à environ 80% de mon coup.
Je pêche depuis cinq
minutes, après mon deuxième lancer, le scion trépigne deux trois fois puis plie
franchement et reste tendu.

Je prends contact
amplement mais sûrement…Pendu !!! Un ou deux coups de tête que je ressens
dans la canne. Une brème. Je ramène doucement le poisson qui se montre vivace,
tente quelques rushs et c’est une magnifique plaquette qui montre pas mal de nerf
pour la saison. Un pêcheur local m’a dit un truc : à la belle saison, les
brèmes viennent comme des « assiettes » et se laissent faire bien
plus facilement qu’avant la fraie. Le nerf de ces poissons disparaît avec la
belle saison où elles se délectent de la nourriture abondante et perdent de
leur vivacité. Nous n’en sommes pas encore là et la défense du poisson donne la
banane !!!
Ma première compagne
de la journée accuse environ 400grammes.
Depuis que je pêche
en Alsace, je crois que je n’ai pas encore piqué au quiver des poissons de
moins de
Ainsi j’ai gagné en
productivité, j’adapte mieux mon amorçage et consomme ce qu’il faut d’esches et
rien de plus. J’ai aussi remarqué qu’il y a deux possibilités ici :
-soit on met une
majorité d’amorce dans le feeder et on prend tout ce qui est sur le coup, sans
sélectionner réellement
- soit on ajoute un
peu plus d’esches dans un feeder un peu plus petit et on prend souvent des poissons en moins grand nombre et plus
gros en moyenne.
L’activité sur mon
coup est énorme, le scion dessine de multiples courbures dès que le feeder est
au fond. On voit clairement les poissons se nourrir directement sur le feeder
et ensuite se diriger vers l’esche, bien souvent un doublé d’asticots si les
touches sont aisées, sinon un double pinkies reste une valeur sure.