En direct du Chateau des Rohan. Saverne, le 12 mai 2008


Me voilà donc près, level déplié, rouleau sur le quai en béton, installé comme un coq en pâte. Ce n’est pas ce que je préfère comme berge quand je pêche à la grande canne, mais au quiver, cela ne me dérange pas.

 

 En ce matin de jour férié, les promeneurs commencent à pointer leur nez. Dans le parc du château en face de moi, se déroule une exposition sympa, mêlant art et traditions, et les visites sont en général nombreuses. Toutes ces couleurs donnent au Parc un aspect festif que j’apprécie, c’est toujours agréable de pêcher dans un tel cadre.

Je sonde rapidement avec le feeder, mais le fond est relativement plat au milieu du bassin. Je choisis de pêcher là où j’ai eu l’habitude de voir les bateaux passer, sur un « chenal imaginaire ». La profondeur est un peu supérieure à 2 mètres et le coup se situe à environ 25-28 mètres.

Pour l’amorçage, j’ai le choix entre charger le coup au feeder d’amorçage pour tenter d’être précis ou fronder des mandarines d’amorce, histoire de mettre le coup en activité un peu plus rapidement. Je pense que le bruit en surface d’une boule d’amorce qui tombe est ici plus bénéfique que néfaste. En période de fraie, les plaques sont souvent nombreuses à venir se rouler dans l’amorce et occasionner des fausses touches. Aussi, pour ne pas trop serrer le coup, je fronde quelques boulettes et commence à pêcher avec le feeder médium de 20 grammes, suivi d’un bas de ligne de 60 à 70cm, monté sur place.

Grâce à cet amorçage, je décèle très rapidement de l’activité, en voyant mon scion fibre de verre de 1oz trembler légèrement au passage des poissons dans le fil .Pour ceux qui ont encore du mal à cerner les « liners » des touches bien réelles, la différence est assez facile à déterminer. Quand un passage dans le fil se fait, le scion se tend de façon assez régulière et progressive, pour se détendre à nouveau. La touche quant à elle, surtout de brèmes, est assez facilement décelée. Le scion se tend mais subit des à-coups, ou reste tendu en faisant de petits tressautements. Avant de ferrer dans le vide, il vaut mieux le laisser trembler une à deux fois, généralement c’est très rapide et prendre simplement contact avec le poisson en reculant la canne avec souplesse mais sur une ampleur correcte, que de casser le « dentier du poisson en ferrant comme un bourrin ».

 

Deux pinkies sur l’hameçon, je lance avec souplesse vers mon coup, visant en face de moi l’un des chapiteaux qui me servira de point de repère. Le feeder une fois accompagné au fond, je pose ma canne sur le rouleau à déboîter qui sera mon support du jour. Je retends légèrement la bannière, canne à environ 80% de mon coup.

Je pêche depuis cinq minutes, après mon deuxième lancer, le scion trépigne deux trois fois puis plie franchement et reste tendu.

 


 

Je prends contact amplement mais sûrement…Pendu !!! Un ou deux coups de tête que je ressens dans la canne. Une brème. Je ramène doucement le poisson qui se montre vivace, tente quelques rushs et c’est une magnifique plaquette qui montre pas mal de nerf pour la saison. Un pêcheur local m’a dit un truc : à la belle saison, les brèmes viennent comme des « assiettes » et se laissent faire bien plus facilement qu’avant la fraie. Le nerf de ces poissons disparaît avec la belle saison où elles se délectent de la nourriture abondante et perdent de leur vivacité. Nous n’en sommes pas encore là et la défense du poisson donne la banane !!!

Ma première compagne de la journée accuse environ 400grammes.


 
Depuis que je pêche en Alsace, je crois que je n’ai pas encore piqué au quiver des poissons de moins de 200 grammes, avec une grande majorité au-delà des 400grammes. Je pratique pas mal sur le canal de la Marneau Rhin et les poissons sont souvent calibrés. L’immense majorité des plaquettes dans mes bourriches pèse 4 à 500grammes. Je n’ai quant à présent pas encore piqué de grosses brèmes communes mais à la belle saison, quand il fera vraiment chaud, je pense aller au-delà des 1.5 kilo régulièrement.

Une chose importante que je mets en œuvre ici est de pêcher « poisson après poisson », le fameux « fish after fish » anglais, où en fait on base sa technique de pêche sur une base de capture d’un poisson après l’autre, mais ce de façon à ce que l’on pêche chaque fois en adaptant sa technique et en se concentrant sur le poisson suivant qui rejoindra la bourriche. Bien évidemment, on « construit » un coup sur la durée, de la partie de pêche en l’occurrence, mais on adapte son amorce et ses esches dans le feeder, de façon à penser à prendre uniquement le poisson suivant. Une fois ce poisson épuisé et dans la bourriche, le lancer suivant est prévu pour attraper la prochaine prise et uniquement celle là .Et on réitère.

Ainsi j’ai gagné en productivité, j’adapte mieux mon amorçage et consomme ce qu’il faut d’esches et rien de plus. J’ai aussi remarqué qu’il y a deux possibilités ici :

-soit on met une majorité d’amorce dans le feeder et on prend tout ce qui est sur le coup, sans sélectionner réellement

- soit on ajoute un peu plus d’esches dans un feeder un peu plus petit et on prend souvent  des poissons en moins grand nombre et plus gros en moyenne.

Je pêche donc fish after fish, lançant avec précision de 1mètre environ le feeder, grâce au line clip qui dépose ma ligne toujours au même endroit. La tresse permet également de gagner en précision, le feeder ne revient pas en arrière lors du « clipage ».


L’activité sur mon coup est énorme, le scion dessine de multiples courbures dès que le feeder est au fond. On voit clairement les poissons se nourrir directement sur le feeder et ensuite se diriger vers l’esche, bien souvent un doublé d’asticots si les touches sont aisées, sinon un double pinkies reste une valeur sure.

J’enfile les prises les unes après les autres, avec régularité et je fais du poisson tout au long de ma partie de pêche, sans trou réel. En mettant un peu plus de pinkies dans le feeder tous les 5-6 lancers, j’arrive à garder le poisson sur le coup, avec le peu de nourriture que je lui sers. Je garde mon petit feeder sur ma ligne, car en mettant le moyen, je risque de trop intéresser les poisons avec le contenu au détriment de l’esche.

Dernière mise à jour de cette page le 22/02/2009
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