14 kilos 300 de bonheur... 9 juin 2008 chez Patricia

 

 

Comme je l’ai déjà expliqué plusieurs fois, mon attrait pour notre passion commune qu’est la pêche a évolué. Je me suis aperçu bien tard il est vrai, que la compétition n’était plus réellement prenante pour moi. La pêche plaisir est la seule qui me fasse encore planer, c’est dans des parties de pêches parfois improvisées, que je me sens le mieux. Ces journées passées au bord de l’eau entre copains, sans aucun enjeu si ce n’est celui de se faire plaisir. Certes, je ne crache pas dans la soupe et les concours m’ont apporté énormément, de ces journées au bord de l’eau, à me tirer la bourre avec les potes, passer un repas du midi mémorable, parfois tous dans la même galère de ne prendre finalement que peu de poissons, mais d’être ensemble pour le meilleur comme pour le pire.

La contrainte du tirage au sort qui donne parfois prématurément le résultat final avant même d’avoir pêché, des places imposées par ce même tirage, des parcours où il est difficile de prendre plus d’un kilo parfois….je suis revenu de toutes ces choses là et laisse cela à ceux que cela intéresse toujours, forts des sensations de la gagne d’un concours ou d’une qualif pour de belles épreuves.

Mon choix s’est porté vers la pêche de loisir, où je pourrai choisir ma place et le coin qui m’intéresse le plus, la technique à employer, sans aucune limitation mis à part celle que le règlement halieutique donne, ou celle du plan d’eau où je serai.

Le feeder me donne de jolies sensations, voir le scion plier plus ou moins violemment sans savoir ce qui se trouve au bout avant le ferrage. Prendre de magnifiques spécimens avec des corps de ligne assez fins….Tant de choses qui font de vous le plus heureux des hommes une fois au bord de l’eau.

 Mais aujourd’hui, la carpe à la grande canne m’a toujours donné un plaisir immense, sentir les poissons énormes se débattre au bout de la ligne, une fois piqués, et défendant chèrement leur peau, voilà ce que j’aime le plus quand je pêche avec une grande canne. Le choix des esches, du flotteur, de la technique d’amorçage. Cette pêche que j’ai décrié de part le passé, l’assimilant à tort à une pêche de bassine, je l’adore de plus en plus, surtout quand il s’agit de tenter de prendre des poissons de plus en plus gros, des spécimens qui vous donnent du fil à retordre. Je suis longtemps resté bloqué au-delà des 10 kilos, mais depuis mon arrivée en Alsace, j’ai la chance de pratiquer sur un plan d’eau détenant des spécimens bien plus gros, et où je me sens comme les carpes, un poisson dans l’eau.

Colmar est à 80 kilomètres de chez moi, mais c’est toujours avec la même ferveur et le même sentiment que je prends la route pour l’étang « Patricia », situé sur Colmar dans le Haut Rhin. Le pays des Haut-Rhiner a de ces étangs, riches en carpes, où l’on peut passer des journées énormes en sensations. L’étang de mon ami Patrick en fait parti, et depuis que j’y pêche, je n’ai pas passé une seule journée où je me suis fait chier à 100 ronds de l’heure, au contraire, la défense explosive des poissons est une des raisons pour laquelle faire tout ce chemin pour piquer des carpes est une simple formalité.

 En ce matin du 9 juin, je ne voulais pas me presser. Passant un peu de temps avec ma copine sitôt rentrée de son taf de nuit, un petit dèj agréable, quelques mots échangés… Je ne suis pas pressé, j’ai toute la journée devant moi. Il est 8 heures quand je prends la route et la circulation est un peu plus fluide, sitôt les bureaux remplis. Il m’est agréable de voir que la température est déjà bien élevée. 23° à 8h, cela laisse à présager une belle journée. Aucun nuage dans le ciel, ou alors seulement de légers voiles qui sont aussi menaçant qu’un bébé.

Les kilomètres défilent, la route est douce. Mon autoradio me passe un CD de Aaron, le sourire aux lèvres, je me sens le mieux du monde, le ventre bien tendu par un petit dèj à la baguette bien fraiche. Bref, c’est le pied alors que je ne suis même pas encore au bord de l’eau.

Une fois sur l’étang, je prends la même place que pour ma dernière sortie, je retente la bordure, qui m’a tant réussi. Le niveau a baissé et je vois le fond sur mon coté gauche, il ne reste que 80cm … donc, je me rabats sur la droite où il reste un bon mètre cinquante, au ras des roseaux.

Dernière mise à jour de cette page le 22/02/2009
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