Une journée d'amitié, chez mon amie Patricia

Cela faisait pas mal de temps que je n’étais pas allé voir Patricia. La douce Patty, qui se trouve sur Colmar. Ce petit coin de paradis avec ces eaux profondes où les carpes ont une défense magnifique, presque extraordinaire. Je ne connais pas d’autre plan d’eau si profond, où les carpes vous donnent autant de fil à retordre. Chaque poisson se mérite là bas, les décrochages sont assez fréquents car les carpes sont très malines. Suivant les jours, les touches peuvent être fulgurantes quand les belles sont en appétit, comme elles peuvent être très subtiles, limites ingérables. Il faut toujours savoir à quel moment lever la canne et il n’est pas rare de se faire piquer l’esche.

En ce matin de septembre, après les deux mois d’été où j’évite de me rendre là-bas car trop de pêcheurs à mon goût, je décide d’y retourner pour taquiner ces dames. Non que mes pêches du moment ne me donnent pas les résultats escomptés, car j’aime aller en carpo pour me ressourcer et faire fendre la surface par l’élastique  de ma Carp Strike, mais je dois bien l’avouer, le type de sensations que l’on ressent en piquant un gros poisson que l’on maitrise difficilement et dont on ne sait jamais si il finira à l’épuisette est devenu un besoin pour moi.

Les carpes de Patricia sont encore bien vierges, même si elles sont pas mal pêchées, elles ont une santé irréprochable, une robe magnifique et peu de monde peut se vanter d’avoir un carpodrome avec des poissons aussi beaux.

De plus, la moyenne est assez élevée là bas, j’ai fait des sorties avec 8 kilos de moyenne, bien que 5 soit un peu plus général. Ce qui est remarquable, je trouve !!!

Il est 5 heures quand le réveil sonne, j’ai passé une bonne nuit, bien longue, et je suis d’attaque pour une de ces journées que j’apprécie tant. Le café coule, le petit dèj se prépare. J’ai comme en ces matins là, une sérénité qui fait déjà que la journée commence très bien. Je sais que je vais faire du poisson, que je vais me faire plaisir, et j’adore ce sentiment. Je ne pars pas à l’aventure là bas, on peut dire que cet étang est en quelque sorte mon fief, celui que je fréquente le plus, même si mes sorties n’y sont pas nombreuses, je préfère le qualitatif au quantitatif. Je connais bien la pêche là bas, je n’y ai jamais été capot, avec des sorties un peu difficiles en hiver mais c’est général à tous les étangs aux eaux encore froides.

Le thermos de café est prêt, mes affaires également, je charge la Madfred Mobile et prends la route sur le coup de 6h30. Le seul souci de cet étang, c’est qu’il se trouve à une heure de route de chez moi, quand cela roule bien. Mais quand on aime, on ne compte pas ! Le matin est très brumeux, il fait relativement bon avec 14° ce qui est correct. France Bleue Alsace annonce 26-27° cet aprèm et cela me rend confiant. Même si les carpes ne mordent pas en matinée, cela se lèvera, comme c’est typique sur cet étang.

J’arrive sur les bords de l’étang il est environ 8h00, ayant roulé tranquillement, je dois dire que j’ai assez levé le pied avec les augmentations de carburants et ce n’est pas que je sois économe, mais engraisser l’état bêtement, ce n’est plus trop mon truc. Alors la consommation de mon break 206 a baissé de 1 litre aux cent, et je ne perds pas plus de temps, au contraire, j’ai remarqué que j’étai plus détendu en arrivant. Parenthèse voituresque fermée, deux pêcheurs sont déjà au pied levé sur l’étang quand j’arrive. L’un a pris le poste près du coin cantine, où le barbecue trône fièrement en attente des victuailles du midi, et l’autre pêcheur a pris le coin de la roselière, au fond de l’étant, poste que je convoitais, je vous l’avoue…

Je me rabats sur mon poste habituel, j’avais envie de changer, mais bon.

Je déballe le matos tranquille, peu de sauts au milieu car la surface est fraiche de cette brume qui enrobe la campagne du matin. Je pêcherai comme à mon habitude les bordures et le large un peu plus tard. Premier constat : le niveau a bien baissé, l’étang étant alimenté par la nappe, c’est logique, les pluies n’ont pas encore bien pénétré le sol.

Je ne me casse pas trop la tête et sors ce qui marche habituellement. Pour l’amorçage, pellets de 4mm au poisson, classiques, de chez Mitchell. Même si c’est Mitchell qui les vend je pense que cela vient de Le Gouessant, que pas mal de pêcheurs, mais surtout de carpistes, connaissent. 8.90 euros les 3 kilos ca reste raisonnable, même si on peu les trouver en grosses quantités bien moins cher.

Je sors également un peu de pellets Mistral Rosehip, qui me reste. Ils sont plus secs et fondent plus vite dans l’eau.

Pour l’eschage, du mais doux et des asticots, mais je prévois également des pellets mous Mistral et Sonubaits. Les Sonubaits sont assez solides, de 8millimètres de diamètre, un parfum poisson limite gerbant (moule-crabe), mais efficace en ce qui concerne le fretin, car ils tiennent bien et on évite les rotengles et autres qui ici n’ont pas peur de gober ce genre d’esche.

 

 

 

Quand je pêche ici, je ne m’embarrasse pas pour l’amorçage : j’utilise généralement du pellet. Une sorte voire deux maxi.

Et c’est sur l’esche que je joue, quand une ne marche pas j’en change. Mais cela ne sert à rien de tenter 50 trucs différents, si les poissons ne mordent pas c’est qu’ils n’ont pas faim !!!

J’ai pour valeurs sûres ici le mais doux dont je pense que le coté visuel doit être déterminant, le pellet mou eschable, plus solides que les expanders, et les gozzers qui ne sont malheureusement pas très sélectifs.

 

Par contre, ce que j’ai retenu de mes sorties précédentes, c’est qu’en frondant sur une surface de 1m2 en haut (en bas cela doit se disperser un peu plus avec les 2.5 mètres d’eau), j’ai de meilleures touches qu’en utilisant la coupelle. En hiver la coupelle permet de concentrer les aromes car l’eau véhicule moins les parfums quand elle est  froide. Mais ici la pluie de pellets marche mieux, quand elle est frondée.

Autre chose importante : quand je pêche en bordure j’alterne les coups car les carpes piquées font pas mal de remue ménage et j’aime laisse reposer le coup pour les que les poissons s’y réinstallent tranquillement plutôt que de remettre le couvert rapidement. De plus, mon frondage n’est pas régulier. Plutôt que de mettre un godet fréquemment, je balance 4-5 godets d’un coup, puis je laisse reposer jusqu’à ce que je prenne un poisson. De cette manière, et je ne sais pas pourquoi, j’ai pris de plus gros poissons, qu’en agrainant régulièrement.

 

A ma droite, environ 1.20m de fond à 50cm de l’arbre du bord. A ma gauche 60 cm maxi, mais après une ou deux poignées jetées, les remous en surface trahissent la présence des carpes.

 

 

On voit le saule qui se reflète dans l’eau, je pêcherai sous ses branches, c’est un poste que j’affectionne particulièrement pour y avoir piqué déjà trois poissons de plus de 10 kilos, dont mon record de 14.3 et pas mal de poisson entre 8 et 10.

La marche est franche dès la bordure, puis devient plus douce sur un mètre avant de repiquer direct au fond.

 

 

A ma gauche, le poste est un peu plus « lisse » depuis que les eaux ont baissé. Je pêche ici sous un églantier et ce qui me fait sourire aujourd’hui, c’est que les églantines sont bien visibles dans les branches et mes pellets MISTRAL Rosehip, devraient être bien adaptés car rosehip veut dire églantine en anglais !!!!! Oui je sais c’est assez tiré par les cheveux mais cela me fait sourire !

 

C’est parti !!!!

 

Je commence à pêcher la bordure de gauche, qui laisse apparaître en surface des remous assez conséquents et des remontées de feuilles envasées, une carpe est en train de fouiller là dessous. Je dépose ma ligne en éventail, de travers, flotteur vers le large et hameçon contre la berge. Le flotteur, les plombs collés dessous, n’a pas le temps de se mettre droit qu’il file contre la berge, et c’est la première touche. Je ferre énergiquement, avec mes 5 morceaux de canne en main. Le poisson prend le large direct et je rajoute rapidement mais sans précipitation le reste de la canne et me voilà à travailler ma canne à 11 mètres.

 

 

Ce qui est intéressant sur cet étang, c’est que chaque poisson piqué en bordure regagne le large et la profondeur. Dans 90% des cas, je suis obligé de rajouter le restant de la canne pour travailler le poisson qui ne reste jamais au bord après être piqué.

Les combats sont rudes, mais je perds le poisson assez rapidement, sur un décrochage magistral, la ligne claquant contre le scion. Sans doute était-il mal piqué.

 

Je remets un grain de maïs doux et repose ma ligne sur la bordure de gauche. Les remous sont moins conséquents mais encore présents, sans doute reste-t-il du poisson dessous.

Je fais quelques aguichages, mais la touche ne vient pas. Puis au bout de 5 minutes de « maïs manié », une autre touche fulgurante me resserre le cœur. C’est reparti !!!

 

 

L’élastique de 2.1mm se tend à son maximum. Je sens dans la canne que la partie tressée en bas de l’élastique est également au taquet. Je tiens le poisson un peu plus longtemps, mais je le perds également. Pourtant je n’ai même pas ferré, j’ai attendu que l’élastique se tende hors de la canne avant de prendre contact avec la carpe.

 

L’hameçon Colmic WN801 n’est pas à mettre en cause. Je pense que c’est dans la façon dont la carpe aspire l’esche qu’il faut chercher la solution. Sans doute sur cette bordure, les remous et la folie que les poissons avaient à mordre ont engendrés une certaines frénésie, et que les aspirations ont été trop rapides.

 

Le temps se couvre petit à petit mais ce n’est que passager. La lumière est digne d’un mois de Novembre.

 

La faible profondeur du coup de gauche me laisse perplexe pour le moment, suite à deux touches manquées. Je pique un pellet mou, et prends le coup de droite. 1m20 de fond me rendent un peu plus confiant. Je dépose la ligne tranquillement. Les bulles en surface sont assez significatives de la présence des carpes en dessous.

Deux minutes à l’eau et c’est pendu !!!

 

 

Le scion coupé ultra court se voit bien ici. J’essaie de mater le poisson au kit mais rien à faire, je rajoute également le reste de la canne.

 

 

 

 

Magnifique combat que me livre le poisson, qui n’est pas un record mais qui me donne pas mal de fil à retordre.

 

 

Ouhhhh que ça fait du bien de sentir les coups de tête du poisson dans la canne, les rushs !!

 

 

 

Et voilà c’est dans l’épuisette !!!!

 

 

Un beau petit poisson de 7.0 kilos qui m’a redonné encore plus envie d’en piquer d’autres.

 

Je pêche depuis moins d’une heure et j’ai deux décrochés, et un poisson sorti. Pas facile ce matin de les leurrer. Le pêcheur à ma gauche, Roger, pêche à l’anglaise et il m’a pas plus de succès que moi.

 

L’heure suivante est un peu plus délicate à gérer. Je décrocherai trois poissons, en ayant changé de kit et de tension d’élastique, en passant en 2.3mm assez mou mais rien n’y fera. Pas moyen de mettre un poisson au sec, les touches sont pourtant franches mais je n’ai pas réussi à gérer cela. J’ai alterné pellet mou et maïs mais cela n’a rien changé.

 

Je finirai cette heure creuse sur un poisson de 3.2 kilos, pris toujours sur cette bordure de droite, après moults ferrages dans le vide.

 

 

C’est l’un des plus petits poissons que je n’ai jamais pris sur cet étang, où en général la moyenne est super élevée. La pêche n’est pas facile aujourd’hui, l’activité du poisson est réelle, mais pas moyen de faire mieux.

 

A 10h00, je piquerai un carpe de 6000, une magnifique commune sous la canne à 11 mètres. Les nombreux ratés de bordure m’ont fait changer mon fusil d’épaule, et passer à 11m m’a permis de sortir un peu de ce passage à vide, sans toutefois trouver la solution de la journée.

 

 

 

 

Un magnifique poisson comme je les aime. Les communes sont pour moi de magnifiques poissons avec une robe magnifique et à la défense de feu.

Mon record pour cette espèce est pour le moment resté à 10.200 kilos alors qu’en miroir je suis  à 14.300 kilos. Mais les communes se laissent autrement sortir de l’eau !!!

Dernière mise à jour de cette page le 22/02/2009
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