Le dernier volet de notre voyage en Angleterre devait être une journée riche en émotions.
Nous allions nous rendre au Bough Beech Reservoir, à 40 kilomètres au Sud Est de Londres, un lac de réservoir immense, 127 hectares, qui représente lune des plus grandes réserves deau douce dAngleterre.
Ce lac a été creusé à la fin des années 1960, afin dassécher la vallée et libérer des terres agricoles, et bien sur réaliser une réserve en eau potable.
Ce réservoir est un au lieu de létude des oiseaux avec 230 espèces recensées, mais aussi un lieu de loisir nautique avec un club de voile renommé. La pêche y tient une part intégrante considérable, avec plusieurs clubs sur place (carpe, brochet, mais aussi pêche au coup) et de nombreux concours y sont dailleurs organisés (deux le jour où nous y sommes allés).
Pour ce reportage, nous avons rendez vous chez David avec le photographe du jour, Dave Johnson, web master de Matchangler.com. Dave sera chargé de faire les photos pour le reportage, ainsi que pour son site. Le souci aujourdhui, cest quil y a trois Dave, vu que David se fait appeler comme ça aussi parfois (Vincent, Johnson et Ewing), cela va être chaud pour sy retrouver quand on sappellera.
Le but du reportage aujourdhui est de montrer la différence entre la tresse et le nylon sur les pêches au feeder à grande distance. Au petit dèj, David ma glissé que nous allions pêcher à minimum 50mètres, ce qui est relativement difficile sur de grandes étendus deau comme cela, car les points de repères sont difficiles à trouver pour lancer.
Nous voilà donc en route vers Bough Beech, où se trouve le lac. Nous y avons rendez vous avec Dave Vincent, notre ami « Grizzly » et son frère jumeau Mick, que nous allons rencontrer pour la première fois Laurent et moi. Ce sera un duel entre frangins en « gros » !!! (je sais cest facile, minimum 450 kilos à nous quatre !!)
Après une heure et demie de route (vive les embouteillages sur l « Orbital » périf londonien), nous arrivons face à un truc gigantesque, de leau à perte de vue. Ma première impression est : comment allons nous attirer du poisson sur une flaque énorme comme celle-ci ??
Je sens ma mâchoire inférieure qui scotche en bas, je la sens plutôt mal même si le cadre est magnifique, grandiose mais je me sens un chouia perdu dans cette immensité
Heureusement Dave nous donnera les tuyaux nécessaires pour réussir au mieux cette sortie.
Tiens, il y a un concours sur la digue, pas mal de pêcheurs sont en place.
Le rendez vous a lieu du coté des infrastructures, mais déjà Dave nous montre là où nous allons pêcher, du coté opposé du Lac.
Dave nous explique un peu comment le lac fonctionne, il nous montre la plage où nous allons ensuite nous rendre de lautre coté ; La pente y sera douce, il faudra approcher les stations de leau voire mettre les pieds dedans pour pouvoir travailler le poisson dans un minimum deau.
Lorsquil annonce la distance de pêche, je suis un peu sceptique sur mes capacités : pour réussir il faut atteindre la casse entre 50 et 60m. Il y aura a priori 6 à8 mètres deau et la casse est dun mètre environ. Elle se décèle au sondage sans souci, mais il faudra faire attention à ce que les poisson piqués ne courent pas se cacher dans les rochers de cette casse, sous peine de tout perdre.
Les poissons ici sont, daprès Dave en très grosse densité. Un hameçon de 12 ou 10 serait nécessaire pour piquer les plaques sur un ou deux terreaux. Il me dit « Fred, oublie tes vaseux et tes pinkies sinon tu ne feras que du fretin »
Et bien mes amis, cela me plait, faire un peu de « spécimen hunting » et traquer les plus gros spécimens du lac me parait être très excitant. Mais Dave me dit quil est déjà un peu tard en saison et les brèmes ne seront pas énormes non plus, mais il y aura de la touche
de la « kilo bite » comme il dit (chaque touche peut rapporter un kilo).
Le seul souci est que le lieu de pêche est distant de 400m environ des voitures qui ne seront pas à vue mais bon, cest la campagne ; détail de poids : je nai pas de chariot mais Mick men prêtera un sans souci.
Laurent qui lui est vanné de sa semaine et qui na pas envie de déballer le merdier , va prendre les photos et aussi pêcher un peu avec le matos de David.
Après une marche de délire, avec les chariots et le petit sentier du bois qui me fera me paumer et atterrir derrière un deuxième concours sur le lac, nous arrivons au bord de la plage, magnifique lieu dégagé qui me rend un peu plus optimiste quand aux résultats. Il y a du poisson, mais vais-je savoir le faire ???
Je me place à la gauche de Dave qui a son frère à droite.
David, enfin Laurent se placera à ma gauche.
Je déballe tranquillou le tout, la préparation peut commencer tranquillement, le jour des reportages, chaque chose compte pour être pris en photo et comme les frangins Vincent sont sous les flashs, jai le temps de me poser doucement.
Dave Johnson quant à lui savoure une « cup of tea » nous regardant déballer le matos pénard, le cul vissé sur son siège.
A coté de ma desserte, de la mentalo, seul breuvage toléré aujourdhui !!
Tandis que je minstalle, Dave élabore le plan de bataille de la journée avec David, et Dave Johnson .
Tandis que Mick pêche déjà et prend quelques belles plaquettes, Dave explique sa vision des choses, canne en main, sur la tresse et la façon dont il lutilise.
David en profite pour tester les nouvelles cannes rhino et les nouveaux moulins Browning, qui sont de jolis bijoux.
Après avoir installé le minimum avant de commencer, je prends le temps de sonder précisément.
Après avoir lancé deux ou trois fois et libéré mon corps de ligne du line clip, je peux enfin tenter un lancer à distance de pêche approximative.
La 4+5 de chez JVS est parfaite pour ce type de pêche, à grande distance, à condition dutiliser des feeders pesant maxi 80gr plein, car au delà, le lancer longue distance perd en précision et on « arrose ».
Mon repère sera une bouée qui sert au nautisme, située au milieu du lac, et jessaie de lancer plusieurs fois à des distances différentes, pour enfin clipper ma ligne à environ 60 mètres du bord, 5 mètres derrière une cassure très nette.
Je pense quil y a environ 8 mètres deau, et il me faut pile 60 tours de moulins pour ramener la ligne.
La masse deau pèse sur le feeder même vide et le travail du poisson va être très sportif si cest lourd !!!
La pêche longue distance na pas de réelle différence avec les pêches plus courtes, hormis le fait que le lancer est primordial et se doit dêtre précis.
Pour bien lancer, il faut avoir les épaules bien droites et face à lendroit ou le feeder doit atterrir, donc linstallation de la station doit être impeccable.
Pour lancer, il faut avoir le bras avant tendu, sur le talon de la canne, la main à hauteur du menton environ, et la main arrière, au niveau du moulinet, doit être posée sur le front, pour stabiliser le montage avant de lancer.
La distance entre le feeder et le scion est denviron 70cm, ce qui laisse un peu de souplesse lors de la période daccélération du feeder en début de lancer. Si on met moins de distance, la précision sen ressent directement.
On laisse bien dérouler le nylon, canne à 45°, bras droit tendu, on ramène la pointe de canne à la verticale au dessus de la tête, comme cela lorsque la ligne atteint le line clip, la canne baisse naturellement et on peut accompagner limpact en douceur ce qui empêche le feeder de revenir parfois de plusieurs mètres en arrière.
A limpact, on bascule la canne sur le coté, scion au ras de leau, la bannière se noie delle-même, on attend que le feeder touche le fond, le scion se détendant alors nettement, on mouline un peu (1 ou deux tours suffisent) pour retendre la ligne qui est ainsi prête à pêcher. Avec un peu dentraînement, ce geste se fait naturellement.
Pour bien lancer, il faut faire travailler tout le blank de la canne, qui est soumis à une pression énorme mais en lançant avec souplesse mais autorité, on peut atteindre les 100 mètres avec du matériel adéquat.
On voit ici nettement sur cette photo le blank qui travaille alors que le feeder na pas fait un mètre encore.
Dave a voulu faire ce reportage ici afin de pouvoir avoir beaucoup de touches, La population piscicole est énorme et loptimisme des esches en est la plus belle illustration. Pour la journée, par personne, nous avons prévu un kilo de ver de terreaux, deux litres de casters et deux litres de gozzers, ainsi que quelques boites de mais doux et des pellets. Pas dablette ici, que du beau poisson.
Pour lamorce, je fais une nouvelle fois confiance à la Van den eynde Feeder, avec 50% de farine de poisson dynamite baits noire, farine que jadore. Ici, seule la mécanique a une réelle importance, car vu la quantité desches que nous allons employer, je pense que les poissons se feront un réel festin en bas, délaissant les farines au profit du carné. Lamorce sert de véhicule aux esches, mais aussi d « appelant » pour le poisson.
Vu la quantité desches que lon va utiliser, il faut que le mélange colle bien, compte tenu aussi de la profondeur sur le coup (8 mètres je le rappelle).
Dave lui va pêcher avec de la farine de poisson Halibut de Browning et un mélange feeder de la même marque
Son amorce se veut assez nuageante, et explosive une fois au fond.
Une bonne journée de pêche en Angleterre, pour moi, est impossible sans oiseaux qui viennent dailleurs me rendre visite et demander une pitance inespérée.
Ya pas , je passe quand même bien avec les canards en tout genre !!
Dave effectue ses réglages de moulinets, David jouant au cerf-volant pour arriver au line clip et régler les deux cannes sur la même distance.
Ce réglage est important si on veut pêcher avec deux cannes, soit pour utiliser deux montages bien différents que lon veut alterner, mais aussi si on veut utiliser une canne à la tresse et une au nylon, ce que fait Dave aujourdhui pour pouvoir bien faire le test du reportage.
Linstallation de Dave est presque terminée et David en profite pour prendre les derniers clichés . Ce qui est important dans la réalisation de tels reportages, cest de tout prévoir au départ et prendre le maximum de clichés, pour ne pas sapercevoir à la fin que lon a oublié tel ou tel cliché, selon lévolution du test.
En réalité, David sait déjà bien ce quil veut faire apparaître, mais les aléas de la pêche lui donnent parfois tort et le test nest pas forcément optimal selon les conditions.
Ce qui me sidère à chaque fois, cest linstallation de Dave. Tout parait a priori brouillon, mais en fait chaque chose a sa place et tout ce qui est important est à portée de main, disposée de façon optimale.
Tout y est, même le jus de fruits et les petits gâteaux. Les casters sont disposés dans deux bacs différents, lun avec de leau pour les garder frais et coulants, lautre où ils sont à sec, afin de devenir flottants et permettre de pêcher avec un long bas de ligne, « à la descente ». Cest parfois sympa quand les gros poissons patrouillent au dessus de lamorce lors de larrivée sur le coup, alors que le fretin est encore affairé à se régaler des esches et de lamorce.
Voilà la desserte à esches qui contiendra un autre petit bac plus petit.
Comme à son habitude, quand Dave veut utiliser beaucoup desches dans lamorce, il utilise un bac plus petit où il disposera les esches avant et il rajoutera lamorce dessus. Cela permet de mettre le minimum damorce pour agglomérer le tout et dincorporer un max desches pour lamorçage. Il est toujours plus facile de rajouter lamorce par pincées quand on veut alléger la valeur nutritionnelle de lamorçage, plutôt que de vouloir retirer des esches.
Il est à présent temps de « chopper les worms », en fait de couper les terreaux pour les incorporer à lamorce.
Dave en a pris trois litres avec lui, je dois dire que rarement jen ai vu autant dun coup.
Mais il me dit que tout ou presque sera utilisé aujourdhui.
Je le regarde avec des yeux tous ronds et je dois dire que je suis plus que surpris. Dave se marre à pleines dents et me dit « Youre in Britain, not in North !! »
Cest vrai, ce live, cest en direct de la planète Britain, pays de la pêche par excellence. Ca change des limitations draconiennes du Nord.
Allez Fred, coupe, coupe!!!!
Dave me précise bien quil ne faut pas les couper trop petit afin de pouvoir avoir de gros morceaux dans lamorce, pour les beaux poisons, aussi je les hache bien moins que dhabitude.
Avec cela, je dispose de 3 pints de casters pour commencer, ¾ de litre environ.
Dave a ramené le stock de feeder et il men prêtera bien gentiment car je nen ai pas dadapté. Il faut une plombée terminale, en bas du feeder, soir sous la forme dun plomb qui ressemble à une grosse bille percée (30 gr ici), soit sous la forme dune rondelle de plomb autour du bas du feeder. Dave mindique quavec la bille en bas, je pourrai lancer bien mieux et plus loin. Jopte donc pour ce type de feeder appelé Rocket Feeder ici.
Voici un peu la forme mais ce nest pas ceux-là que jai utilise mais un cage feeder en métal avec ce type de plombée. Quand je vous le disais de pas oublier de photos, la preuve, dans le feu de laction de je nai pas photographié mes feeders !!
Notre installation finie, je jette un coup dil à Mick qui continue sa pêche ; Il a pris plusieurs poissons déjà, mais les touches se sont ralenties ; Les poissons qui étaient petits commencent doucement à grossir. Après quelques plaquettes de petite taille, et des perches (ce lac en est farci et si lon esche des gozzers, cest perche à coup sur), Mick ferre un plus joli poisson.
Quand je dis ferrage, à cette distance on parle plutôt de prise de contact avec le poisson. A 60 mètres, un simple coup de canne souple en arrière est suffisant, car si vous voyez le scion trembler fortement (ici les touches cest canne arrachée du support et sans ménagement), cest que le poisson sest déjà piqué de lui-même sur linertie du feeder.
Alors, rien ne sert de ferrer très fort.
Mick travaille bien son poisson canne bien haute, pour éviter la marche et ne pas perdre le poisson dedans et treuille littéralement sa prise. En fait, le lac étant peuplé de gros brochets, il a peur quen ramenant trop lentement, un bec puisse lui piquer sa brème. Et croyez moi, il est habité de brochets qui passent les 30 livres et à qui une brème de même passé le kilo ne fait pas peur.
Une prise de pêcheur local.
Le poisson se rapproche de lépuisette
..
Et Mick le louche avec autorité, au moyen dun manche court, comme utilisent les pêcheurs anglais habituellement (jai vraiment du mal à passer à cela, je préfère de loin un manche de 4m mini).
Il est à présent pour moi le temps damorcer. Je jette une vingtaine de feeders farcis de terreaux et de casters, ainsi que quelques pellets Dynamite Baits noirs, 3mm. Je suis assez content de moi, car lensemble de mes feeders tombe dans 2m2 maxi. A cette distance cest ce qui me faisait le plus peur, mais mes craintes sont vaincues avec une telle réussite.
Me voici donc prêt à pêcher, le feeder tombe sur le fon et ma ligne se tend.
Canne sur le genou, je suis prêt à prendre contact avec le premier poisson qui va se piquer sur ma ligne.
Je ne finasse pas en scion, les touches vont être costaud, vu le coup de Mick.
La ligne tendue, scion prêt à vibrer.
Je suis plein despoir et la première coulée me donne une plaquette magnifique de 300 gr, un poisson très beau, la qualité de ceux-ci étant un aspect que je tiens à souligner, la robe des poissons est superbe et je le met délicatement dans ma bourriche, content de moi.
Mick reste stoïque tout au long de sa pêche , super attentif et bien moins expressif que son frère.
Le flegme britannique a ici ses lettres de noblesse.
Paf
rependu
what an angler !!!!
Mick tient le poisson quelques secondes mais se fait couper par un brochet qui lui a gobé le montage complet. Il ne ramènera que le feeder vide !!
Dave a commencé lui aussi à amorcer mais il préfère le faire debout.
Il met comme moi le même nombre de feeders environ et commence à pêcher.
Les poissons sont installés sur le coup et je ramène à nouveau une plaquette un peu plus dodue st combative. Avec cette profondeur, et le fait quil faille treuiller pour ne pas se faire couper, le travail du poisson est aléatoire et les décrochages seront nombreux, la bouche de la brème étant quand même fragile.
Laurent a fait déjà deux ou trois poissons mais le fait quil a commencé un peu plus tard est sans doute un handicap vu la cadence de lancer adoptée par Dave et moi-même.
Laurent est attelé mais il mouline lentement ca parait un peu plus lourd.
Et paf, coupé par un broc
.
Décidément cest une tuerie ces becs ici !!!
Et allez , on remonte une ligne.
Pendant ce temps là, Mick pique THE fish !!
Pas dépuisette Mick ??
« Not necessary , Fred !! »
Les touches sont quand même nombreuses et la journée se passe à merveille, cela fait longtemps que je rêvais dune telle pêche en Angleterre et grâce à David, je me fais plaisir.
Soudain, en ramenant une plaque dau moins un kilo, arrivé à 20 mètres du bord jai la ligne qui part subitement à gauche très rapidement, la canne donne deux coups et le moulinet chante !!!!!
Dave entendant le moulin se vider me crie
. »Pike !!!!! » un brocher ma pris la plaque en la ramenant et vu comme je la sentais lourde ce nest pas un brocheton . Je tiendrai ce poisson une minute et il me bouffera le tout, le feeder y compris. Ben mince alors, cest quand même pas aussi courant que ça !!!
Dave est hilare en regardant ma tête, et me dit « A problem, captain Pike ? » et je lui rend ce rire à pleines dents, encore tout surpris par cette mésaventure.
A chaque prise qui suivra, Dave me dit « mouline, mouline » en se marrant comme un bossu, et en fredonnant lair des dents de la mer, « Taaaannnnna, Tannnnnna, tananana tananana
. » et je suis mort de rire à chaque fois et je décroche deux brèmes coup sur coup
Quel phénomène le british quand on le connaît vraiment !!!
Japprécie chaque poisson, comme si cétait le premier et intérieurement je jubile.
Une petite brémasse un peu plus jolie, cest sympa.
Cest le pied, les amis !! Nous prenons du poisson dans la bonne humeur, on se fend la gueule avec Dave et toutes les conneries quil peut faire, et cest génial.
Les bourriches se remplissent, et je suis pas mal.
La fin de la journée sapprochant, on fait une petite photo des bourriches, et je dois dire que je suis pas mal placé du tout, je dois avoir 15000, Dave a 12000, je lai passé !!!
Et ce nest pas une mince fierté pour moi, je pêche avec lune de mes idoles, qui plus est à présent un ami, et je le bats sur sa pêche, dans son réservoir.
« Well done Fred !! » me glisse t-il avec un large sourire et une tape sur le cou.
Je suis sur un nuage, et nen redescendrai pas pour le retour par le Tunnel le soir même avec LOLO.
Dave, tes vraiment un mec génial. Merci !!!
