La pêche au feeder en seine en Ile de France, par Garbo92

Nombreuses sont les techniques de pêche au coup. De celle à la grande canne, à l'anglaise, à la Bolognaise... il y en a une que j'affectionne particulièrement c'est celle au feeder. Cette technique apparue déjà depuis pas mal d'années, ce n'est que depuis peu qu'elle « explose » faisant de plus en plus d'adeptes notamment chez les plus jeunes. Il faut dire aussi que c'est une technique permettant de réaliser de belles bourriches en mettant en œuvre un minimum de matériel et appâts. Elle n'en reste pas moins une pêche à part entière avec ses règles précises et son approche unique. J'ai commencé à m'y intéresser depuis 2002-2003 en étangs et carpodromes. Pour des raisons professionnelles j'ai emménagé à Courbevoie fin 2005 en bordure de Seine. A partir de cette année là, j'ai découvert le formidable terrain de jeux qu'est ce fleuve. J'entame la troisième saison et continue à découvrir ses subtilités.

Cet article aura pour but de montrer une approche classique de la pêche au feeder dans ce fleuve, et de servir d'initiation à tous ceux qui veulent se lancer ! La sortie se fait sur les quais à Courbevoie, la largeur de la Seine à cet endroit est d'environ cent mètres avec un courant

moyennement soutenu. Le quai est bétonné sur deux mètres environ, ce qui permet de s'installer confortablement.

 

Sur la gauche, le pont de Levallois-Perret.

En face l'ile de la Jatte.

A droite le pont de Courbevoie.

 

Bien s'installer.

 

La pêche au feeder est relativement plus aisée à mettre en œuvre que la pêche au coup à la grande canne, il n'en demeure pas moins qu'il faut tout de même aménager son poste de pêche. Une station, une desserte et un repose canne sont une bonne base. Ici il faut oublier le pique planté dans la terre pour servir de support ! Il faut prévoir une desserte d'assez grandes dimensions pour y placer un bac d'amorce, les accessoires, les esches etc... Pour cela, j'utilise un vieux ponton transformé en desserte. Le support de canne est un élément qui ne doit pas être négligé non plus car une fois la canne posée dessus sous la traction du courant et soumise à des touches parfois violentes, il ne faut

pas que ça bouge dans tous les sens. Celui que j'utilise est un modèle à deux points d'attache garantissant une bonne stabilité.

Une station, une desserte et un repose canne.

La canne peut être posée à hauteur sur le coté pour faciliter le remplissage du feeder en cours de

pêche.

La canne posée en action de pêche.

L'action de la canne sous la contrainte du courant.

 

Le matériel et le montage.

 

Bien évidement la canne et le moulinet doivent être en rapport avec la pêche pratiquée. Le choix  doit se faire en fonction des conditions de pêche et non par rapport aux poissons recherchés. Je m'explique : que l'on cherche les beaux gardons ou les plus grosses brèmes, tous nagent dans le même courant ; c'est précisément ce courant qui va déterminer le poids de la cage à utiliser et par la même occasion la puissance de la canne et du scion. En moyenne il faut compter 60gr en poids de cage pour démarrer et ensuite adapter en fonction (récentes pluies => plus de débit). Il y a des endroits ou il est possible de pêcher moins lourd mais généralement 60gr est un minimum.

A ce niveau là, pas besoin d'utiliser une canne extra heavy strong ! Une canne heavy de 3,90 m équipée d'un scion de 4oz en carbone fera l'affaire. Plus le diamètre des anneaux du scion sera grand, mieux ils laisseront passer le nœud de raccord tresse / tête de ligne. (C'est un détail parfois négligé lorsque l'on rachète des scions de rechange)

Le moulinet va aussi être mis à rude épreuve, un modèle de qualité doit être employé car piquer un barbeau dans le courant c'est du sport ! Et ne fera pas l'impasse sur un moulinet défaillant.

Pour le montage, j'utilise de la tresse à laquelle je raccorde un nylon de fort diamètre (autour de 30 /100°) pour constituer ce que l'on appelle la tête de ligne. Il doit y avoir suffisamment de nylon pour faire le montage terminal plus toute la longueur de la canne et quelques spires sur la bobine du moulinet. Il est préférable en effet d'avoir le nœud de raccord positionné dans la bobine au moment du lancer.

Pour moi, un montage au feeder doit être le plus simple possible afin d'éviter les risques d'emmêlages. Il existe des montages pour eaux calmes et d'autres pour rivières. Celui que j'utilise est dérivé du montage dit « trois boucles », c'est un montage simple et passe partout largement employé en présence de courant. La différence est que je torsade le nylon à la place des deux dernières boucles et je laisse un coté de la grande boucle un peu plus long que l'autre (le coté ou on enfile l'agrafe coulissante). Le principal avantage, pour moi, est qu'il est auto-ferrant et que le fait de torsader le nylon dégage assez bien l'émerillon du bas de ligne de la cage, évitant ainsi les risques d'emmêlages. J'intercale aussi un émerillon sur la tête de ligne à 60 ou 70 cm du montage pour ne pas vriller trop le nylon. Le bas de ligne fait environ 70 cm en 18,5 /100° terminé par un hameçon de 10.

La cage employée est rectangulaire afin de ne pas rouler sur le fond.

Le montage est composé d'une grande boucle suivi d'une torsade.

Le bas de ligne est assez dégagé de la cage grâce à la rigidité de la torsade et un coté de boucle

légèrement plus grand.

J'utilise de plus en plus des hameçons à œillet qui, me semble t-il, retiennent mieux le nœud.

 

Dernière mise à jour de cette page le 27/05/2009
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