principes génériques de la terre dans l'amorce

 
Utilisation de la « terre » pour la pêche au coup 

 
De nombreux pêcheurs dont je fais partie, utilisent la terre pour la pêche à la grande canne sous différentes formes et dans des buts différents.
 
Je distinguerai dans cet article trois utilisations de la terre
1- en tapis, avec du fouillis, avec un amorçage à la farine supplémentaire
2- mélangée à l'amorce
3- Pure avec du fouillis uniquement
 
Pour commencer, je vais faire un tour des différentes terres que l'on emploie. Argile grasse, Terre de Somme, terre de taupinière sont les principales terres connues dans le monde de la pêche.
 
 Les différentes terres : 
 
L'argile grasse : 
 
En premier lieu, la plus répandue, notamment dans le Nord et pour la pêche des canaux en général, l'argile grasse que nous appelons vulgairement la terre.
L'argile grasse est récoltée bien souvent par le pêcheur lui-même, près de chez lui quand il le peut, pour un coût égal à zéro. Sinon, on en trouve dans le commerce, notamment chez Van Den Eynde qui en distribue de très bonne qualité, de couleur naturelle (beige à marron) ou noire (idéal pour les pêches d'hiver où les amorce sombres sont souvent bien plus prolifique que les amorces de couleur naturelle).
C'est la terre idéale pour le tapis de terre, avant amorçage à la farine et permet également d'alourdir un mélange pour la rivière ou par fort courant, à laquelle on préfèrera la Terre de Somme cependant.
 
Récolte et conservation:
L'idéal pour l'argile est de la récolter idéalement mouillée plutôt que détrempée ou sèche et de la conserver telle quelle dans une grande poubelle à couvercle hermétique par exemple, ou dans des sacs fermés. Si l'argile est trop mouillée, on la fait sécher un peu en la brassant de temps à autre pour obtenir un séchage régulier. Si l'argile est trop sèche, il faut la remouiller au vaporisateur lentement, pour ne pas obtenir une boue inutilisable, et en brassant énergiquement avec un batteur à amorce par exemple, pour un mouillage ultra régulier.
On stockera l'argile tamisée à l'avance, pour un meilleur résultat et en enlever tous les débris et déchets s'y trouvant.
Le tamis le plus fin est idéal, pour ôter toutes ces infimes particules qui ne servent à rien. Prévoir de « bons bras » car c'est un travail pénible et difficile.
 
Autre utilisation :
Séchée au soleil ou sur un radiateur et tamisée au plus fin, avec un chinois de cuisine par exemple, on obtient également un bon décolle fouillis, qui aura la particularité de ne pas alléger le fouillis, qui se décollera moins vite de l'amorce, si on l'y mélange. Je le préfère à la fécule de pomme de terre, pour des pêches de fond, où l'amorçage doit bien rester plaqué au fond.
 
 
La terre de somme : 
La terre de Somme ressemble beaucoup à l'argile, mais en moins collant, et en plus nuageant. Selon les lieux de ramassages, on obtient une terre qui nuagera plus ou moins, mais qui sera plus lourde que l'argile, à mouillage égal. On remarquera aussi que la Terre de Somme est un peu sableuse, contrairement à l'argile, ce qui provoque son effet nuageant. Il est bien plus difficile de faire une boulette de Terre de Somme que d'argile, à part si elle est bien mouillée.
 
La Terre de taupinière : 
 
Facilement récoltable, elle résulte des galeries creusées par les taupes. On remarquera que cette terre est ultra collante, la taupe résidant souvent dans ce type de sol. Elle peut être utilisée pour coller un mélange, notamment en hiver où elle est la plus efficace.
Si la terre de taupinière n'est pas assez mouillée pour mouiller l'amorce directement, on surmouillera l'amorce seule et on rajoutera la terre ensuite, plutôt que de mettre de l'eau dans le mélange terre+amorce sinon on obtiendra un mélange boueux infâme et inutilisable.
Attention à la conservation de la terre, on ne peut pas la garder dans des sacs très longtemps sinon elle prend une odeur nauséabonde, due aux différents microorganismes s'y trouvant, et pourrira à plus ou moins long terme.
 
 
 Les différentes utilisations de la terre :

 
En tapis : 
 
Souvent, on utilisera l'argile grasse en tapis avant un amorçage à la farine.
Le but est simple : le fouillis qui se trouvera dans le tapis y restera bien niché, plutôt que de décoller au dessus du fond, sortant de l'amorce où il ne se sentira pas à l'aise.
Cela serait très néfaste sur un canal à navigation où les bateaux laveraient l'amorce du fouillis bien trop rapidement.
Lorsque le fouillis est mélangé à l'argile, il se trouve calmement ancré dans cette dernière et n'en sortira pas. Si il est dans l'amorce, il en sort car les farines sont néfastes à la survie du fouillis. Qui n'a pas déjà remarqué que le fouillis meure prématurément quand il est mélangé trop longtemps à l'amorce ? Avec un tapis de terre d'une dizaine de boules, voire une vingtaine, de la taille d'une mandarine, suivi d'un amorçage avec une dizaine de boules d'amorce, on obtient un amorçage efficace un peu partout, en canal mais aussi en étang.
En rivière, ce mode d'amorçage est un peu plus aléatoire.
Ce tapis, cher au pêcheurs du Nord est l'une des techniques les plus efficaces sur les gardons, mais aussi sur les brèmes qui prennent le temps de s'installer sur un coup, et y trouvant dans ce tapis un garde manger de choix.
Certains pêcheurs mélangent de l'amande amère à raison d'une cuiller par kilo d'argile maximum, afin d' « endormir » un peu le fouillis qui restera encore plus longtemps dans l'argile. C'est d'ailleurs un des seuls avantages de l'amande qui se disperse de toute façon rapidement dans l'eau, sitôt l'amorçage terminé.
 
La terre dans l'amorce :
 
Il y a deux buts à cette pratique :
- En ajoutant deux à trois poignées de terre, bien souvent de Sommes mais aussi d'argile, à l'amorce, on alourdit cette dernière pour descendre bien au fond, sans toutefois modifier fondamentalement son effet mécanique. La terre permet aux boules de bien descendre sur le fond et de se placer comme il faut, avant de se déliter tranquillement. C'est efficace quand on veut un mélange qui travaille rapidement, en concours, plutôt que de mettre des farines plus denses et collantes, qui ralentirait le travail.
- En ajoutant de 20 à 50% voire plus de terre dans un mélange, on l'appauvrit, ce qui est parfois indispensable en hiver, où l'appétit des poissons est bien moindre qu'à la belle saison . On peut alors utiliser quand même un tapis de terre, auquel on ajoutera un mélange amorce et terre, quand on veut absolument utiliser des farines.
 
Selon le mode choisi, il existe deux modes de mouillage d'une amorce chargée de terre.
En en mettant deux trois poignées, on peut mélanger l'eau aux deux produits mélangés (terre + amorce) en faisant attention de bien brasser et mouiller petit à petit, pourquoi pas avec un vaporisateur, toujours pour éviter la bouillie infâme qui peut résulter d'un ajout trop rapide de l'eau.
 
Sinon, on peut tout autant mouiller l'amorce, un peu plus que d'habitude, donc légèrement surmouillée et ajouter l'argile ou la terre ensuite. C'est tune opération assez difficile, grandement facilitée par l'utilisation d'un batteur à amorce.
 
La terre pure : 
 
En hiver et même parfois dans certaines conditions difficiles de la belle saison, on peut très bien résumer son amorçage à de l'argile et du fouillis, sans aucune amorce.
Le poisson trouve directement ce qu'il préfère, c'est-à-dire le fouillis. L'argile sert alors de véhicule pour descendre le fouillis au fond, ce qui est supérieur dans bien des cas à l'emploi de fouillis pur uniquement collé.
On peut aussi si l'argile ne colle pas assez, lui mélanger de la bentonite (argile grise) qui a un pouvoir collant énorme et qui liera de façon efficace l'ensemble.
C'est une recette parfois meurtrière en hiver, mais aussi sur des pêches de jolies perches.
 
Une autre possibilité et de mélanger des graines aromatiques moulues à l'argile, et uniquement, sans autre farines, dans le but d'intéresser les beaux gardons souvent friand des graines sous toutes ses formes.
J'utilise alors un mélange « des trois tiers », comportant 1/3 de coriandre moulue, 1/3 fenouil et 1/3 de chènevis moulu grillé.
Je surmouille légèrement l'argile, je mélange ensuite les graines au batteur, à raison de 300 à 400gr de mélange de graines pour 5 kilos d'argile, et j'incorpore ensuite le fouillis.
Ces graines donnent un certain coté aromatique, efficace à mon goût en hiver où les eaux sont froides et les parfums difficilement véhiculés, et font travailler une fois au fond, le tapis de terre, un peu plus rapidement. Le fouillis peut alors se dégager un peu plus vite que dans l'argile pure, sans pour autant laisser penser dans mes propos que le fouillis est prisonnier de l'argile, ce qui n'est évidemment pas le cas.
 
 
Voilà ce que je connais des différentes utilisations de la terre, et de ses dérivés. J'espère que cet article vous a intéressé ou mieux appris quelque chose, mais je n'ai pas la science infuse....


Dernière mise à jour de cette page le 22/02/2009
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