Osthouse ...où comment trouver la solution

Nous avons tous rêvés un jour de la bourriche miracle. Une telle bourriche que l’on aurait du mal à hisser hors de l’eau, remplie de nos espèces favorites. Un score que l’on n’oubliera jamais, que l’on racontera avec fierté à ses amis, dans les moindres détails. Amis qui se feront un plaisir à vous ramener à la réalité avec un célèbre adage : « Arrête ton char, Ben Hur !!! ».

Non question d’appât miracle ou de secret dont on rentre en quête comme du Graal, je miserai bien plus facilement sur la recherche des meilleurs réglages de tous ces paramètres qui rendent la pêche passionnante. Peu importe la technique, où l’endroit…mais ce jour là, vous saurez que vous approchez enfin le niveau du pêcheur passionné qui maitrise son sujet.

Et ce jour là, La recette d’amorce sera étudiée avec soin, pour bien adapter son mélange aux conditions du jour. Les plus jolies lignes que vous aurez montées avec le plus grand soin et la plus grande précision. Vous disposerez votre matériel au mieux, pour avoir un poste de pêche irréprochable où tout vous tombera dans la main, quand vous l’utiliserez. Les conditions seront optimales, la conduite de ligne à la grande canne, ou le lancer parfait du waggler feront de vous quelqu’un de confiant, qui attend que rapidement le flotteur d’enfonce. Et si d’hasard vous avez opté pour la plombée, le meilleur remplissage de feeder possible, avec juste ce qu’il faut d’esche, que vous propulserez à la distance idéale, d’un geste sûr et précis.

Vous serez ce jour là dans votre élément, vous mêlant au paysage, vous fondant dans la nature que vous contemplerez entre deux touches. Vous serez chez vous, au bord de l’eau. Vous saurez qu’enfin, vous pouvez être satisfait de votre approche de la pêche et de vos résultats.

Même si ce dernier est perfectible, que l’on apprend chaque fois que l’on se rend au bord de l’eau, vous avez acquis le niveau qui vous satisfait, que vous saurez petit à petit augmenter, mais à cet instant là, votre sens de l’eau se sera développé de manière à ce que vous fassiez le minimum d’erreurs dans vos choix de pêche.

Bien sûr, même si vous n’en êtes pas encore là, vous prenez quand même comme nous tous, un plaisir immense quand vous voyez votre flotteur d’enfoncer, que vous travaillez un magnifique poisson qui finira dans votre bourriche. Vous êtes pêcheur au coup, votre passion vous anime et vous êtes là, au bord de l’eau, à prendre un pied énorme.

Il n’y a pas de petit et de grands pêcheurs, il ya des pêcheurs passionnés. Certains ont plus de talent que d’autres, mais nous sommes tous animés par cette passion qui fait de nous des hommes heureux….

Oui mais voilà, vous vous êtes tous un jour retrouvés au bord de l’eau, ne sachant pas comment aborder la pêche du jour. Je ne pense pas que l’on parte encore de nos jours avec une idée précise de ce que sera la pêche avant même d’être dans la voiture, roulant vers votre coin de pêche. Bien sur, nous avons tous notre idée sur ce que pourra être cette journée, avec plus ou moins de poissons. Déjà avec les conditions atmosphériques, mais aussi avec le choix du poste de pêche, et la technique employée.

Rien n’est plus stéréotypé  que de pêcher tout le temps de la même façon, sortant 11.50m de canne pour bouler sur un flotteur que vous ne changez jamais car c’est votre fétiche. J’ose à espérer que de nos jours, avec les médias et les différentes expériences acquises lors des journées passées au bord de l’eau, on ait envie de changer de technique d’amorçage, de ligne et même de technique tout court. La pêche serait vite ennuyeuse si on pratiquait toujours de la même façon. Chacun d’entre nous a eu envie un jour d’expérimenter de nouvelles choses, toujours à la recherche de la technique qui marche le mieux ou qui vous donnera le plus de plaisir.

Certains d’entre nous sont plus à l’aise avec la grande canne mais sont tombés en admiration devant un pêcheur au feeder qui leur aura mis une fessée avec 5 fois moins d’amorce, et vice versa….

Et vous voilà tenté par une nouvelle technique qui vous donnera bien du fil à retordre lors du « baptême feeder ».

Fort de ces expériences et de mes journées au bord de l’eau, à tenter de comprendre pourquoi j’ai fait peu ou beaucoup de poissons, j’en arrive  à mon sujet, le choix de la technique une fois au bord de l’eau.

 

En ce matin de la fin du mois d’août, je charge mon matos dans le break, pour me rendre à ….

 

 

Osthouse et sa jolie gravière,  qui fait le bonheur des carpistes pour ses poissons records, pour cette quantité énorme de carpes, toutes plus grosses les unes que les autres, mais qui s’avère être un plan d’eau assez difficile à cause de la pression de pêche, mais aussi de la densité d’autres poissons blancs, tant les brèmes et les rotengles de ce plan d’eau de 7 hectares peuvent être voraces.

En allant là bas, je suis sûr que je ferai une belle bourriche, peu importe la technique. J’ai déjà eu pas mal de déboires en début de saison, en faisant notamment une sortie soldée par un mémorable capot alors que quelques poissons sautaient de ça delà, sans en piquer un seul. Mais depuis les échos ont fait que je sais qu’il se prend du poisson, assez régulièrement.

J’arrive sur Osthouse vers 9h00, le Lundi 25 août. La température est encore fraiche, il doit faire 16°. Mais l’activité des poissons est déjà réelle. J’entends au loin un « splash » d’anthologie, une magnifique carpe fendant de son poids la surface, ce genre de saut qui vous donne du baume au cœur, vous donne envie de monter vite le matériel.

 

 

Oui, mais voilà, pas de précipitation. Déjà choisir un poste prometteur, là où il y a plusieurs coups à pêcher, au cas où. Je porte mon choix sur le premier poste dans le coin de la gravière, près de la route qui nous y amène. Ce poste est apprécié des carpistes, qui y pêchent la bordure longeant le chemin, et plein large, près des herbiers omniprésents, mais pas envahissants. Ces herbiers sont pour moi un aimant à poisson dans ce type de gravière, assez lisse. La profondeur est importante, et dès le bord, le fond plonge très vite, pour arriver à longueur de grande canne à environ 5 mètres. Ce matin, j’ai bien envie de me faire un coup au ras de la bordure des arbres, à 7-8 mètres du bord, sous les blanches surplombant la surface.

 

 

 

 

Je jette mon dévolu pour le moment sur le feeder classique avec un « feeder-cage » en plastique de moyenne taille, 30 grammes, qui descendra assez rapidement, évitant je l’espère les gobages des milliers de rotengles qui dessinent de jolis ronds en surface, sur toute la surface du secteur.

Je reste classique dans le montage, en optant pour une triple boucle en triangle. Vu la taille assez impressionnante des poissons de la gravière, je prends un scion de 1.5oz carbone, qui ne tremblera pas au moindre coup de bec des petits poissons blancs.

 

 

Mon moulinet est un Shimano 4000 assez classique, garni de 26/100. Le bas de ligne en 20/100ème sera terminé par un KAMASAN B611 numéro 16. Avec cela, je peux déjà voir venir.

Je monte également une canne au méthod, avec un méthod classique de 30 grammes de la marque MIDDY il me semble, assez gros car utilisé par les carpistes et que mon pote Lionel ne veut plus entendre parler car selon lui il ne libère pas bien l’amorce. Il a donc fini dans ma boite à feeder, je pense justement jouer sur cette critique pour ne pas lâcher trop d’amorce sur le coup.

 

 

Le corps de ligne est en 30/100ème, le bas de ligne en 26. Hameçon numéro 10 KAMASAN Animal, je ne suis pas là pour faire dans la dentelle avec ce type de canne et de technique, espérant piquer de gros spécimens.

J’utilise ce que les anglais appellent le « KNOTLESS KNOT », le fameux nœud sans nœud.

 

 

 

 

Pour cette technique, les touches étant un peu à « arracher » la canne du support, je choisis un scion de 2oz carbone, assez rigide, mais qu’importe vu les touches. Le moulinet est également massif, car j’aime ce type de moulin quand il faut sortir le poisson d’un secteur dangereux (ici entre autres les herbiers).

 

Ainsi, je pêcherai au cheveu, vraisemblablement au maïs doux ou au pellet dur, voire à la micro-bouillettes.

 

Côté amorce, je procède de la même manière, avec quelque chose d’assez grossier et nutritif, avec des grosses particules. Grossier ne rime pas avec « n’importe quoi », je garde toujours en tête le coté mécanique du mélange. Pour se faire, il me reste un peu de DECATHLON Carpes, ainsi que de la MOSELLA compétition feeder. J’ajouterai de la farine de pellets, à raison de 30%.

 

 

 Je mouillerai le tout avec du sirop de tigers, de chez PROLOGIC, car j’aime beaucoup de produit peu liquide et très visqueux que j’ajoute dans l’eau de mouillage. C’est très sucré, et les tigers sont une valeur sûre pour la carpe, au cas où l’une d’entre elles se joindrait à la fête.

 

 

 

 

 

L’ensemble colle beaucoup si on le mouille sans précaution, mais avec l’aide d’un vaporisateur, on ne fait pas d’erreur de mouillage. L’avantage de ce mélange, c’est qu’il est riche, donc efficace au méthod feeder, pour lequel on l’aura préalablement remouillé un peu plus, pour coller.

Je n’aime pas préparer 2 amorces différentes quand je risque de pratiquer les deux pêches, je préfère essayer de trouver un bon compromis pour pêcher les deux techniques.

Je prépare mon mélange avec soin, même si ce dernier n’est pas très élaboré. Je le mouille très peu, juste ce qu’il faut pour tenir dans le feeder le temps de la descente. Un feeder qui descend  subit une pression assez forte de la couche d’eau et il n’est pas rare que l’on perde un peu de mélange sous ce « frottement ». Il est important de ne pas négliger cet aspect, pour ne pas éparpiller le poisson sur toute la couche d’eau, ce dernier décollant du fond, attendant les particules qui se perdent en route, cherchant vers la surface l’arrivée de nourriture pour se jouer de la concurrence alimentaire.

Le meilleur moyen de procéder à un mouillage efficace est justement d’utiliser comme je l’ai précité un vaporisateur d’eau, que l’on utilise notamment en jardinage et pour les plantes d’intérieur. Il permet d’ajouter juste ce qu’il faut d’eau et son rôle brumisateur mouillera assez bien les différentes particules du mélange.

Par contre, quand je dis mouiller peu, c’est quand même assez également pour ne pas perdre trop de particules durant la descente dans la couche d’eau et rameuter tous les rotengles du plan d’eau.

Mon amorce est prête, j’en sépare un peu pour le feeder et j’ajoute quelques micro-pellets de 2mm, qui aident un peu à fixer le poisson qui fouille, un peu de maïs doux mais très peu, et des gozzers, toujours en petit nombre.

 

Je choisis un poste sur ma gauche, à environ 5-6 mètres du bord, à une trentaine de mètres, là où la berge est sauvage et que les arbres surplombent la surface.

 

 

 

Un poste où les poissons doivent être au calme, à mon avis. Je commence par lancer une quinzaine de feeders, la grande taille du plan d’eau et la densité piscicole jouent pas mal dans ce choix, car je ne veux pas attendre deux heures la première touche. Les poissons sont réputés pour ne pas rentrer immédiatement sur un amorçage et au feeder, vu la quantité d’amorce assez faible que l’on laisse à chaque lancer, je me dois de faire un pré-amorçage. Je compte également sur le bruit du feeder à l’impact pour éveiller l’attention des poissons.

Dernière mise à jour de cette page le 22/02/2009
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