Forts de notre visite au magasin de
Guildford et d’un bon repas partagé avec les Ewing (faut se battre avec
les petits monstres pour avoir sa part quand même !!!), nous nous
rendons au bord du Lac qui jouxte la maison de David.
Le but de
cet après midi est de prendre une ou deux carpes au pellet-waggler,
technique très prisée outre manche. Il s’agit en fait de pêcher au
pellet à l’hameçon, sous un agrainage de pellets, avec un flotteur très
trapu qui va « splasher » en surface et attirer les carpes au bruit, en
renforçant celui de l’agrainage léger à chaque lancer.
C’est
une technique très fine, contrairement au matériel utilisé car il joue
sur la concurrence alimentaire qui se créée sous le mini nuage de
pellets, servant à aiguiser l’appétit des gloutonnes.
Ce que
nous savions avant de venir c’est que les carpes seront difficiles à
prendre car l’activité sur l’ensemble de la région a été plus que
limite point de vue des résultats, mais que le challenge se porterait
sur un ou deux poissons. Mais le tout est d’essayer la technique et de
se prendre au jeu.
Nous nous cherchons un poste sur le coin du
Lac où nous avions pêché avant et nous nous installons. Lors de notre
visite des berges, nous apercevons des carpes gober allégrement en
surface de 5 mètres du bord à un cinquantaine de mètres, et les gobages
sont épars. Les carpes sont donc en activité et surtout sur ce secteur
du lac, pas besoin de courir.
P’tit Dave va pêcher au méthod feeder à la farine de poisson, et à une distance de 30-35 mètres.
Pour
ma part, je vais donc pêcher au pellet-waggler, à une distance de
20mètres environ car au delà, l’agrainage devient fastidieux et surtout
beaucoup trop éparpillé.
Laurent va « péchouiller au stick » sans grande conviction, il préfère se consacrer aux photos.
David aussi fera un petit coup au stick mais il est déjà tard et l’aprèm servira surtout à se détendre un peu.
Le but est d’être conseillé au mieux par notre spécialiste local, qui m’aidera dans ma pêche.
Le
matériel utilisé sera une Garbolino Shelby Strong prévue pour pêcher au
waggler assez lourd, un moulinet STRADIC de David, garni de 20/100ème.
Le montage est super simple., le voici :
Aucune
fioriture, l’attache est fournie avec le waggler acheté le matin même
2.99 pounds, soit environ 4 euros, et le seul nœud de la ligne est le
montage de l’hameçon.
Le but est de lancer, de grainer à la fronde
et de laisser l’esche descendre lentement à travers la couche d’eau,
la touche surviendra très vite après l’atterrissage du flotteur.
C’est
pour cela que celui-ci est aussi trapu, car il doit se mettre en place
dès l’impact, mais aussi servir de lest pour le lancer. Ici je prendrai
un 6 grammes qui sera lancé assez souplement car je vais pêcher au
pellet expander et je ne veux surtout pas le perdre au lancer.
J’utiliserai
des 4 mm , car les plus petits en 3mm sont infrondables à cette
distance et il faut en fait forcer le moins possible sur l’élastique,
pour ne pas éparpiller les pellets sur une surface trop grande.
Pellets "hookables" à la bétaïne
Ma
fronde VESPE à micro godet me permettra de lancer entre 8 et 10 pellets
à chaque lancer, pas plus, il faut jouer sur la compétition alimentaire
des carpes qui s’installeront sur le coup.
L’élastique a été modifié pour être augmenté de diamètre, afin de pouvoir gagner en puissance.
Tout
en montant mon matos, je fronde quelques pellets pour gagner un peu de
temps sur l’accoutumance de cadence de la pluie de pellets et je vois
clairement les carpes s’installer sur le coup.
Je suis donc super pressé de commencer …
Je commence donc à fronder tandis que p’tit Dave lance ses premiers méthods, sans amorçage préalable et c’est parti.
Je
mets un mètre de fond, car si je mets moins, le pellet va descendre
trop vite, et il faut jouer avec le poids de l'hameçon pour trouver le
bon compromis.
Ce qui est fou, c’est comment si peu d’appâts
peuvent engendrer une telle bagarre la dessous. Je suis admiratif à
chaque lancer sur les quelques gobages que je peux voir, et les
quelques remous qui me font frémir, attendant la touche.
Ce qui était prévu arriva.
Les
carpes sont super méfiantes de l’esche, entre en activité pas loin de
l’hameçon, mais je ne vois que des touches de « lining » (passage dans
le fil) et je rage de ne pouvoir en toucher une.
Au bout d’une petite heure de pêche, je vois mon Ptit dave pendu avec un beau poisson qui lui déroule pas mal de fil.
Les carpes de ce Lac sont des sauvageonnes redoutables et la bataille est rude.
On
voit bien ici l’amorce sur le méthod qui ne s’est pas désagrégé, la
touche a été assez rapide après le lancer, deux minutes environ, ce qui
prouve bien que le bruit ne gène pas les poissons ici, bien au
contraire.
La carpe est magnifique et doit peser dans les 7 kilos, elle est très massive.
Je retourne donc à mon siège et reprend mon agrainage.
Quelques
minutes plus tard, je pique un poisson qui m’arrache le waggler sous
l’eau, avec une puissance inouïe. Je tiendrai le poisson deux minutes
environ, il est parti à 40 mètres du bord d’une seule traire, et je
casse en voulant le tirer vers moi.
Je remonte la ligne et c’est reparti.
Les
touches sont difficiles et je rate au ferrage pas mal de petites
touches, sans doute des gardons attirés aussi par la pluie de pellets.
Vingt
minutes plus tard, je lance, je fronde et je n’ai pas le temps de
reposer ma fronde que je me fais arracher la canne des mains….
Je suis pendu, bel et bien et le poisson vend chèrement sa peau.
Les sensations lors de ce combat sont magnifiques, j’adore ressentir cela et je travaille la carpe tant bien que mal .
Il
est important de travailler le poisson canne basse pour ne pas trop le
contrarier et l’amener doucement vers moi, chose pas très facile, car
elle a la « gouache » la bougresse !!!!
La canne est un peu
juste en puissance, je n’avais pas eu ce genre de problème à l’Abbaye
lors de la sortie maniac, mais là, elle me montre ses limites et je
mettrai bien 20 minutes à combattre, avec LOLO qui joue au jap autour
de moi, voulant prendre de jolis clichés et David qui m’encourage à
prendre mon temps.
Ca
plie sec, la ligne tient bon car je ne force pas non plus de trop et
c’est jouissif de voir le poisson approcher de l’épuisette.
Le waggler sort enfin de l’eau….
Et c’est dans l’épuisette !!
Un poisson de 6 kilos environ, il parait plus petit sur la photo mais le poids est bien là, car elle est très trapue.
De toute façon, je me fous du poids, mon contrat est rempli !!
Le
reste de l’aprèm se passera à discuter en péchouillant, établissant le
plan de bataille du lendemain, en rivière où nous allons goûter à la
vraie pêche britannique…..
Merci David, pour cet après midi magnifique et au frangin pour les photos !!!