Restant sur une partie de pêche pluvieuse mais réussie la veille, lors de laquelle j’avais testé ma 995, j’avais envie depuis quelques jours d’aller taquiner les carpes de mon ami Patrick.
En ce mardi matin 29 avril 2008, il est 6h lorsque je me lève, le temps est dégagé et la température douce. Le calme règne sur mon petit village lorsque le grincement de la porte de mon garage fait taire les oiseaux. Le break devant le garage, je charge mes affaires une à une, rapidement, mais essayant de ne pas oublier grand-chose. Ma fidèle Carp Strike est dans le fourreau, la station dans le coffre et un carry all rempli des multiples conneries que seuls nous pêcheurs trouvons indispensable à nos sorties.
Je n’oublie pas le peson, des fois que, et le tapis de réception, indispensable sur ce carpodrome. La glacière est pleine d’esches, les casses croûtes sont prêts, le numérique présent. Il ne manque rien, je pense….
Je prends la route avec les travailleurs du matin qui n’auront pas la chance que j’ai de passer la journée au grand air, les kilomètres défilent lentement, comme à chaque sortie. 80 bornes plus loin, me voilà empruntant le petit chemin qui mène chez la douce Patricia, et ses jolies demoiselles qui m’y attendent.
A peine la voiture garée, j’entends un saut de carpe en plein milieu de l’étang, un « splash » qui vous donne le sourire de beau matin. Les poissons sont donc en activité, c’est excellent !!!
Je rejoins le poste que je préfère, à droite d’un bel arbre majestueux qui s’élève tranquillement vers le ciel, juste à gauche d’une roselière que je sais prometteuse. J’ai toujours affectionné ce type de poste, avec une bonne profondeur sous la canne à 11 mètres et un coup en bordure que je ne néglige jamais, pour y avoir pris maintes fois de jolis poissons.
Etant seul, je déplie mon trépied pour l’appareil photo, histoire d’immortaliser les belles du plan d’eau, si d’aventure j’étais capable d’en piquer quelques unes.
Je sonde rapidement ma place, connaissant déjà les lieux et il me faut un kit de 5 morceaux pour pêcher, chose qui ne m’étonne pas. Tirer des carpes par presque 4 mètres de fond, c’est un sport que j’adore. Je fais attention à me placer hors de portée des branches mais en cas de décrochage, il va falloir s’acharner sur la ligne pour ne pas tout laisser dans les branchages. Avec un élastique de deux millimètres de diamètre et du nylon de 16 à 20/100ème, c’est rock and roll de se décrocher de là !!
Je monte deux kits, un pour la bordure et un sous la canne à 11mètres.
Au bord, je pêcherai 1m50 de fond environ, à ma droite, là où commence la cassure au pied des roseaux et où les carpes aiment passer. Il y a souvent moins de poissons qu’au large, mais en étant patient, et en alternant coup de bordure et le large, j’espère piquer un ou deux beaux poissons. Ma ligne sera en 16/100ème. Cela peut paraître peu mais avec le nylon qu’Andy, le patron de VESPE, m’a donné à tester, je sais que cela suffira largement car j’ai rarement eu un nylon de cette qualité en main. Bientôt sera mis en vente deux sortes de nylons, l’une rigide pour les pêches de fond et de beaux poissons, l’autre souple pour prendre les poissons entre deux eaux ou à la descente, là ou il est intéressant de pêcher avec souplesse.
Pour la bordure, ma ligne sera composée d’un flotteur Drennan de 0.25 gramme environ, avec une plombée étalée sur toute la ligne sous le flotteur, afin de prendre les poissons à la descente et en faisant naviguer mon esche avec de longs aguichages verticaux. Le nombre de poisson piqués ainsi, entre deux eaux ou à la descente est tout bonnement impressionnant. Le but de la manœuvre est de trouver le meilleur réglage de ligne et de plombée pour avoir la descente la plus naturelle possible. Je mets 20cm de bannière pour aguicher facilement et brider le poisson que je tenterai de ressortir de la bordure encombrée avec fermeté et souplesse. Je pêcherai avec 5 sections de canne, sur une zone où je serai le plus à l’aise à manier ma ligne.
Au large, cela sera 0.6gramme en flotteur JVS goutte d’eau inversé. Pareil qu’au bord, j’étale la plombée mais sur environ 60cm, afin de faire de jolis aguichages. 0.6gramme par4 mètrede fond peut paraître léger mais les touches sont souvent enregistrées juste après un aguichage, l’esche en mouvement est souvent bien plus attractive de cette manière, qu’avec un flotteur supérieur à 1 gramme. De toute façon ce n’est pas une pêche de vitesse et je peux bien perdre quelques secondes lors de la mise en place de la ligne, pour espérer un joli poisson.
Les carpes de cet étang ont une défense énorme, j’ai rarement vu des plans d’eau où il était aussi difficile d’amener un poisson à l’épuisette et les carpes de 3 kilos déjà offrent parfois un combat de plus de 10 minutes.
Par 4 mètres de profondeur, c’est encore plus vrai et je dois dire que faire 80 kilomètres pour prendre de tels poissons ne me fait jamais peur, je suis sur de passer une journée magnifique « chez patricia » !!
Coté esche, je ne me complique pas la tête. Bien que les jours soient un peu meilleurs depuis un certain temps, il fait quand même encore un peu frais et même si je mise sur du micro pellet d’élevage (merci Profcarpe !!), j’en utiliserai quand même peu au départ pour l’amorçage. Ces granulés sont assez secs et nécessitent un coup de vaporisateur pour les faire couler car utilisés tels quels ils seraient trop secs et flotteraient. Le mais doux sera de la partie ainsi que des pinkies, faute d’avoir des gozzers aujourd’hui avec moi.
Du grand classique, avec en plus ma trousse à esche, au cas où il faudrait changer quelque chose à l’hameçon si ce que j’ai prévu est boudé. Je n’oublie pas les pellets MISTRAL Rosehip qui sont vendus en boite sous la forme pellets mous, avec plusieurs diamètres dans le même paquet, ce qui est ma foi fort utile. Ces pellets sont vendus imbibés d’additif et m’inspirent une énorme confiance.
J’utiliserai sans doute également des pellets durs de chez Wielco, que je placerai à la bague silicone. Je les ai en jaune, rouge, vert et nature, ce qui me laisse un large choix tout de même.
Voilà, tout est prêt, le matos est placé, les esches dans les boites.
Je place une coupelle pleine de 250ml de micro pellets à 11m, dans un petit creux que forme le fond, j’y ajoute juste une vingtaine de grains de mais et quelques pellets durs.
En bordure, une pleine coupelle mais constituée de 70% de pellets et 30% de mais, car je compte commencer au large et je laisserai ce coup reposer un peu plus longtemps.
Il est 9h30 quand je dépose ma ligne pour la première fois, il fait encore un peu frisquet et quelques nuages ne me rassurent pas trop, moi qui misais sur le soleil pour les bouger un peu.