Saverne Transports le 29 mars 2009 : pêche express

 

Une espèce que je pêche de moins en moins, surtout depuis mon arrivée en Alsace, c’est le gardon.

Ici appelé en alsacien le « rottele », le gardon est bien moins présent pour nous pêcheurs à l’amorce, que les brèmes. Cependant, en début de saison, quand les baveuses ont la gueule clouée, il est possible sur certains biefs de se faire plaisir sur de jolies pêches de gardons.

Lundi dernier, j’avais fait une belle bourriche de gardons à la télesco, sur Monswiller. Ce matin, je me suis décidé à me rendre sur le bief suivant, coincé entre deux écluses, sur le parcours dit « Saverne Transport » de la Société de Transport routier du même nom, jouxtant le bassin.

Il est 7 heures, nouvelle heure, lorsque je me lève. La nuit fut courte, profitant de chaque minute de week-end pour une fois que je ne bosse pas. Il fait encore nuit, il est vrai qu’hier à la même heure, il était 6 heures. Un café et quelques toasts plus tard, je prends le chemin de mon garage où le matos m’attend. Tout est quasiment prêt, sauf l’amorce.

Je mets vite deux paquets de Mosella Alround dans le sac et je charge la voiture. Ces sacs d’amorce sont pour moi ce qui se fait de mieux pour le type de pêche que j’ai prévu aujourd’hui. Ma cible est le gardon en canal sans navigation (pas comme en été), par deux mètres de fond environ. La Allround est une amorce foncée par excellence, limite noire, qui gonfle énormément lors du mouillage et offre une souplesse énorme. Avec un spectre de mouillage très large, il est extrêmement facile d’adapter son mélange sur plusieurs types d’eau.

Légèrement moins riche que la 3000 étang, la Allround offre plus de marge quant à l’appétit des poissons en hiver.

Aujourd’hui et comme à mon habitude, je ne vais pas utiliser de fouillis ou de vers de vase, les poissons seront mordeurs et donc, de ce fait, j’utiliserai l’amorce pure, sans aucun ajout de terre.

Je pêcherai vraisemblablement à l’asticot à l’hameçon et aux pinkies pour agrainer.

Je ne fais jamais de plan sur la comète, mais j’aime bien définir une stratégie avant de commencer et ensuite je gère selon les poissons et leur humeur.

Voilà, tout le matos est chargé il est environ 7h45 quand je quitte la maison. J’ai 15 kilomètres qui sont vite parcourus vers le lieu de pêche, moins de 15 minutes de trajet, c’est direct et appréciable de ne pas faire trop de bornes pour juste une matinée de pêche. Mes  obligations familiales font que je devrais arrêter tôt, mais l’essentiel est de passer une matinée au bord de l’eau.

J’arrive peu avant le lever du soleil à l’horizon, sur le bief de Saverne Transport. Olivier et Mickael, mes deux potos, avaient fait une belle pêche ici en début de mois et les poissons de rempoissonnement sont coopératifs alors j’espère la même bourriche.

Le bief est d’un calme olympien. Il est situé entre deux écluses, le chemin d’accès y est normalement interdit mais les employés des VNF tolèrent notre présence, si toutefois nous n’encombrons pas la route de nos rouleaux, si nous ne gênons pas leur travail et que nous stationnions nos véhicules dans l’herbe derrière, sans dégrader quoique ce soit.

Je pense ce rappel important, car ici nous faisons preuve de tolérance et j’espère que tous les pêcheurs se comporteront comme il se doit pour garder ce petit privilège qui nous permet d’assouvir notre passion, parenthèse fermée.

La surface de l’eau ne présente aucun pli, il n’y a pas de vent mais cela devrait venir avec le lever du soleil.

Quelques « ronds » en surface trahissent la présence de poissons, ce qui est toujours bon pour se mettre en confiance, qui n’a jamais eu ce léger instant de flottement en arrivant sur sa place, lorsque l’on se dit « et si j’étais capot ? ».

La société Saverne Transport derrière moi, d’où provient le surnom du bief. Calme le Dimanche, pas comme en semaine. Je me délecte de ces instants de sérénité pour sortir mon matériel, c’est toujours très  stimulant de profiter de ces instants de calme seul, cela vous booste pour votre partie de pêche et vous remet du baume au cœur.  Par ces premiers jours de météo correcte, cela rappelle ce que l’on peut ressentir le matin, en été, en se levant à l’aube pour aller tremper ses lignes, que tout le monde dort encore et que vous êtes seul au bord de l’eau, lorsque les premiers oiseaux se réveillent en votre présence et qu’ils vous caressent l’ouïe de leur chant mélodieux du matin. Du pur bonheur !

Mon amorce est prête à être mixée, toujours au mélangeur, comme à mon habitude, il est devenu  rare que je touille à la main. La couleur de la photo est trompeuse avec le flash, mais le bac sera bien sombre une fois mouillé.

C’est la première chose que je fais avant même de sortir ma station, car je connais le bief. Parfois il m’arrive de sonder avant de brasser sur les postes que je ne connais pas, et que je fasse quelques passes à vide pour « m’imprégner »  de la configuration d’un poste que je n’ai jamais abordé, afin de trouver le meilleur mélange mécaniquement, par rapport à la profondeur et au courant. Pour l’apétit des poissons, le choix du bac est plus difficile car on ne gère pas ce paramètre mais en vérifiant comment est votre poste, cela permet de ne pas faire au moins les erreurs concernant la topographie du lieu de pêche par rapport à la mécanique de votre bac. Un point très important selon moi, car on peut vendanger sa pêche sur un mauvais choix de bac.

Ici, je sais qu’il n’y aura pas de navigation aujourd’hui, que les seuls courant proviendront des contre courants si le vent se lève, car le bief que je pêche mesure 275 mètres maxi entre deux écluses.

Dans ce type de bassin, les contre-courants de fond sont limités. Je mouille donc mon amorce d’une façon assez « sèche », afin que pour la profondeur de 2.30m de ma place, les boules s’effritent sur le dernier mètre, mais pas pour qu’elle tombe en pluie. En sur-mouillant j’aurais trop bridé son travail, chose que je ne souhaite pas. Je mettrai peu de pinkies dedans, et agrainerait, par 50 environ, pas trop souvent pour ne pas faire remonter le poisson.

 

Je pense agrainer à la main s’il n’y a pas de vent, pêchant à  6mètres environ du bord, à la télesco. Si cela ne marche pas, je fronderai avec une micro poche pour ne pas éparpiller les pinkies.

Voilà, tout est prêt, voici mon poste de pêche, qui est assez limité en matos, je n’ai pas sorti de deuxième canne

Côté ligne, j’ai monté une ligne qui mesure 50cm de moins que ma télesco, pour pouvoir faire basculer les gardons dans la main facilement sans avoir à trop lever le bras qui tient la canne, chose qui devient éprouvante dans le vent et si cela mord pas mal.

La bannière mesure environ 1.50m, ce qui me suffit largement, d’autant plus que j’attends du vent. Le bief est large d’environ 20 mètres à cet endroit.

Le sondage a été fait bras tendu, à peu près 1m plus loin que le scion, mais ne sera jamais aussi précis qu’à l’emmanchement. Mais l’idéal est de pêcher une surface plate à la télesco car le fond n’est pas facilement calculable si on pêche une légère pente, bien que cela soit gérable.

 

On voit bien que le flotteur est penché lors du sondage quand on cherche à sonder bien au-delà du scion, mais on se fait avant tout une idée de la configuration du fond, le sondage ne sera jamais aussi précis qu’à la canne, sur des brèmes, ce n’est pas trop grave, mais plus important sur du gardon, aussi il faut calculer au mieux et jouer avec le feeling.

Dernière mise à jour de cette page le 27/06/2009
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