Pour mon premier live en dehors des carpos alsaciens, je me suis décidé à aller pêcher le canal de la Marne au Rhin, au niveau de la commune de Steinbourg. J'habite à 10 minutes de là en voiture et j'ai été agréablement surpris de voir que finalement j'ai pas mal de coin de pêche pas trop loin de chez moi, mais essentiellement sur ce canal. Il y a bien aussi la Zorn, une rivière, mais elle est en 1ère catégorie et les biefs différents nécessitent d'acquérir de multiples timbres taxes auprès des AAPPMA locales.

Le canal de la Marne au Rhin, long de 312 kilomètres, comme son nom l'indique relie la Marne (Vitry le François) au Rhin (Strasbourg). Il est assez typique de ce type de cours d'eau, et reste navigable pour les péniches petites et moyennes, mais ne donne plus trop d'engouement à la navigation, remplacée par d'autres moyens de transport des marchandises.

A Steinbourg, petite commune d'Alsace de 2000 âmes environ, il est large d'une vingtaine de mètres maxi, mais possède un « large » où les bateaux peuvent manœuvrer aisément.

La profondeur est d'environ 1.80 à 2 mètres et le courant est quasi nul.
Il est donc très intéressant d'y pêcher à la grande canne mais aussi à l'anglaise, surtout au niveau de ce large. Le feeder n'est pas en reste, je pense d'ailleurs y retourner faire un petit reportage avec cette technique, d'ici quelques jours.
Aujourd'hui, Lundi de Pâques, j'avais depuis plusieurs jours prévus d'aller pêcher. Hier déjà l'envie était énorme mais les flocons qui fendaient le ciel m'avaient dissuadé de sortir. Ce matin, il fait -2° quand je me lève vers 6h30, mais tant pis, il faut que je sorte la canne pour me dégourdir d'un week-end de repas en famille bien sympas...mais à l'intérieur.
Le 6 Avril prochain, je participe avec mon club aux Qualifs des Sociétés à Colmar et ayant fait une sortie avec Lionel là bas il ya quelques jours, je savais que l'anglaise pouvait faire « gratter » quelques chevesnes aux plus chanceux, aussi ce matin, j'avais prévu d'en monter une histoire de me dérouiller un peu.

J'arrive sur Steinbourg vers 7h45. Le sol est gelé, il faut -2.5° et la combi me préserve un peu du froid matinal. Je ne sens pas réellement le gel car j'ai tellement envie de pêcher que j'en oublie que nous sommes en hiver malgré le printemps arrivé il y a 3 jours.
Je sors tranquillement le matos de pêche et j'aperçois quelques gobages en surface qui me donnent le sourire, me rassurent.
Je commence par mélanger l'amorce que j'utiliserai aujourd'hui . Le froid et ma pratique des canaux du Nord me font rester prudent. Je mouille 1 kilo de RAVAT gardons plus 500gr de RAVAT étang, vestiges d'une saison passé qui traînaient dans le garage.
J'y ajoute environ 300 grammes de fenouil moulu avant-hier et 300 grammes de chènevis moulu grillé par mes soins le même jour. L'arôme de ce chènevis est fantastique et me ramène quelques mois en arrière, dans le Nord, lorsque les matins de concours je me cramais le nez avec les odeurs de chènevis grillé, de coriandre et autres graines aromatiques dont je suis friand dans mes mélanges.
Je surmouille légèrement car je vais ajouter une bonne dose de terre que m'a gentiment filé Lionel. Environ 30% du mélange, ce qui explique mon choix d'ajouter autant de graines moulues, pour éviter que le mélange ne colle de trop. C'est prêt et parfait à mon goût.
Question esches, je ne me suis pas cassé la tête, j'ai juste quelques pinkies rescapés de Colmar, des gozzers et du chènevis que j'ai fait cuire dans un thermos la veille. Cela sera limite mais bon, en Alsace les poissons ne sont pas aussi difficiles que dans le Nord, où je ne serai pas sorti si tôt en saison sans vaseux, voire sans fouillis.
Pour une petite pêche en individuelle, cela suffira bien.

Je monte ma canne au coup, en 9mètres. Cela suffit car mon pote David, habitué des lieux m'avait dit que les poissons ne se tenaient pas loin de ce coté de la berge, étant donné que c'est là que les péniches faisaient demi tour, et même si il y en a peu, les différences de fond sont quand même marquées. Pas de cassure réelle mais un léger dénivelé qui finit plat à environ 8 mètres du bord.
Je monte deux kits, un 0.35 fabrication maison par un internaute qui m'avait vendu de magnifiques flotteurs sur Ebay et avec qui j'avais gardé un contact sympa.
Leur forme est très similaire aux « Nord » de Jean Luc Dufils, le matériau est le même, une sorte de mousse expansée, mais l'antenne est en métal, et permet de détecter les touches les plus fines.
Sur mon autre kit un Nord 0.60 gramme.
Je monte donc ma vieille canne anglaise Browning Agressor 1-4grammes, parfaite dans ce type de situation, avec un flotteur Drennan Crsytal (on ne se refait pas !!) de 3.5gr + 2BB.
En bas de ligne, un KAMASAN B520 de forme légèrement renversé, taille 20 sur du 9/100ème.
Je finis de me préparer en me sirotant un café qui me réchauffe doucement.
Les flocons tombent avec lenteur et je me délecte de cette matinée, comme d'un jour d'août où je découvre la brume qui se lève doucement et où mes sens sont en éveil. Je me sens ici comme dans mon salon. Mais il fait toujours -2°.
Ma distance de pêche sera environ de 25mètres. Très confortable pour amorcer à la main.
Je pose ma canne sur les piques et amorce d'abord mon coup à 9mètres. 8 oranges d'amorce garnies de chènevis, ce qui sera mon fouillis du jour.
A 25mètres, je reste prudent et lance environ 15 boulettes, sur une surface de 1m2 environ.
L'amorce travaille dès l'impact et les pétillements remontent déjà.
Je commence à l'anglaise. 5 minutes de pêche, même pas et c'est déjà une plaquette de 200 grammes, suivie d'une autre 2 minutes plus tard. Cela commence plutôt pas mal, pour une partie de pêche en cette saison. Nickel, je ferai un peu de poisson.
J'essaie de fronder un peu de chènevis mais c'est court, le seul rappel que je pourrai envisager sera avec des boulettes en espérant que cela ne les fera pas fuir. Pour le moment tant que cela mord, je laisse comme cela. Les touches sont loin d'être évidentes et je ne me rappelle pas réellement avoir vu mon flotteur couler franchement de la matinée.
Je racle le fond de 5 centimètres et j'essaie plusieurs réglages mais cela ne change pas grand-chose, il n'y a qu'en raclant que j'ai des touches, très difficiles à ferrer. Le poisson engame du bout des lèvres la plupart du temps et je décroche pas mal de poisson, même en laissant bien avaler.
C'est quand même dommage que je n'ai pas de vaseux, les touches seraient plus franches.
Pour une prochaine partie de pêche, je prendrai également du pain que j'escherai grâce aux Bread Puncher de Drennan, vous savez ces sortes d'emporte pièce.
Une heure de pêche et j'ai environ 10 plaquettes dans la bourriche pour 1000 points environ.
Il est 10h00 et les touches se raréfient et surtout sont de plus en plus « inferrables ». Je peaufine mes réglages, et je pique quelques poissons par ci par là.
Mon pote David qui n'habite pas loin passe sur son vélo et me maudit de ne pas l'avoir prévenu que je pêchais, il serait venu. Je le croyais en famille en Moselle.
Malgré une recherche incessante des réglages, je remarque que les poissons ne répondent qu'après des rappels de plusieurs boulettes d'amorce, au bruit. Mais l'amorce les rend fou et je ferre pas mal dans le vide. Quand je ne rappelle pas les touches cesse. Plutôt étrange en hiver !!!
Je fais quelques passes à la grande canne mais nada.
Sans doute le bruit du scion de mon anglaise qui fend la surface pour noyer le fil a du faire fuir les poissons du bord.
Je me concentre donc sur le moulinet qui me fait revivre des sensations intimes si agréables, la satisfaction du poisson piqué, et même sur des plaquettes de 100 grammes, le « toucher » de la canne très fine me ravit.
Les touches seront régulières, même si je ne suis pas débordé et j'ai le sentiment du travail accompli.

En 3 heures de pêche j'ai fait environ 2500 points de plaquettes. Pas le moindre gardon dans la bourriche, que de la plaquette.
Ce type de pêche me donne le sourire pour la semaine, content d'avoir pu faire un score sympa malgré les conditions. Le coup de froid de ces derniers jours n'a pas eu raison de l'appétit des poissons et c'est tant mieux.
Je quitte les lieux il fait 2°, content de ma pêche et retapé pour la journée !!!